Paris: Parution du livre «Mourir: l’art de bien mourir»

Voyage à travers les traditions religieuses

Paris, 25 avril 1999 (APIC) Djénane Kareh Tager, journaliste à « Actualité des Religions », a consacré un livre au « Mourir: l’art de bien mourir, l’instant de la mort, les funérailles, l’au-delà ». Un passionnant voyage à travers les traditions religieuses. Entretien.

Pourquoi un énième livre sur la mort?  » Nos sociétés occidentales, après avoir longtemps refoulé la mort, la prenne aujourd’hui davantage en considération, sous l’effet notamment de l’épidémie de sida. Or il n’existait guère jusque-là d’ouvrages en langue française qui s’attache tant au « mourir » dans son ensemble – de l’annonce de la mort et de l’accompagnement des mourants jusqu’aux conceptions de l’au-delà – qu’à montrer comment il est vécu dans les traditions. C’est cette approche pluriculturelle et pluriconfessionnelle qui en fait la particularité. Par ailleurs, les rites mortuaires révèlent comment une société est organisée. Il y a là une clé d’interprétation tout à fait intéressante. moi-même, Libanaise accueillie en France, j’ai mieux compris, en rédigeant cet ouvrage, les ressorts profonds de la société occidentale ».

Se dégage-t-il de grands constantes dans les traditions religieuses concernant le mourir? « Ce qui est constant, sauf dans l’Occident moderne, poursuit l’auteur, c’est la grande place accordée par toutes les sociétés à la mort, objet d’une véritable fascination. Tout se passe comme si l’homme avait pris conscience de son humanité par l’idée de la mort. Les premières traces de civilisation que l’on ait retrouvées sont précisément des sépultures. La plus vieille date de 90’000 ans, avec déjà tout un rituel funéraire ! Pour le reste, beaucoup d’éléments divergent. Prenons le suicide. Il est généralement condamné, au nom du respect de la vie. Mais tel n’est pas le cas au Japon shintoïste. De même, dans le bouddhisme et le jaïnisme, le suicide est toléré quand il concerne des saints ou des éveillés, ou encore quand il sert l’intérêt de la « shanga », la communauté. Exemple: les suicides protestataires de moines et de bonzes pendant la guerre du Vietnam. La même notion sacrificielle du suicide a pu conduire l’hindouisme à pousser les veuves à se jeter sur le bûcher de leur époux. Quant aux représentations de l’au-delà, elles s’inscrivent dans trois catégories: la résurrection, la réincarnation et le paradis éternel reproduisant notre monde (culte des ancêtres dans les sociétés dites traditionnelles, africaines et autres, et le monde chinois).

Euthanasie largement condamnée

L’euthanasie est-elle condamnée par toutes les traditions? Oui, affirme Djénane Kareh Tager. « Encore faut-il distinguer entre l’euthanasie passive, qui revient à refuser l’acharnement thérapeutique, généralement plébiscitée, et l’euthanasie active, unanimement rejetée ». Pourquoi? « Parce que les religions estiment qu’il y là un enjeu considérable pour l’humanité. En effet à partir de quand peut-on penser que quelqu’un peut être euthanasié, qu’on ne va pas se débarrasser inopinément de lui, devenu embarrassant pour la société? Une conception très souple de l’euthanasie ne conduit-elle pas àà terme à légitimer le suicide? Les religions ne seraient plus dans leur rôle si elles ne s’y opposaient pas fermement. Au risque de se braquer les opinions publiques, comme pour l’avortement. (apic(cjn/pr)

Moscou: La Russie refuse de reconnaître la Compagnie de Jésus

Les jésuites sont pourtant présents en Russie depuis 200 ans

Moscou, 25 avril 1999 (APIC) La Compagnie de Jésus ne pourra pas agir librement en Russie. C’est ce qu’a décidé le ministère de la Justice de la Fédération de Russie, le 1er avril 1999, en refusant d’inscrire au registre des associations religieuses, la branche russe de la province jésuite d’Europe Orientale.

Une loi « sur la liberté de conscience et les associations religieuses » a été promulguée en Russie en 1997. Celle-ci impose aux associations religieuses l’obligation de figurer sur le registre des bureaux de culte étatiques et locaux. Or, selon le ministère, la Compagnie de Jésus ne possède pas les conditions requises pour être enregistrée.

Le ministère de la Justice de Moscou remrque en outre l’absence d’une documentation qui démontre l’existence légale de la Compagnie de Jésus sur le territoire de la Fédération russe depuis plus de 50 ans.

Le jésuite Stanislay Opiela a tout de suite qualifié la loi sur les cultes de « contradictoire ». Il fait notamment remarquer qu’il existe des preuves documentaires qui montrent que les jésuites oeuvrent en Russie depuis 200 ans.

Une nouvelle demande d’enregistrement accompagnée d’autres documents a été adressée au ministère de la Justice par l’avocat Galina Krylova, jésuite. La nouvelle documentation atteste que la Compagnie de Jésus est une partie structurale de l’Eglise catholique, en particulier de l’Administration apostolique de la Russie européenne. Celle-ci est déjà enregistrée officiellement par le ministère de la Justice russe comme association centrale. (apic/zenit/pr)

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