Rwanda: Nouvelle intervention des évêques après l’arrestation de Mgr Misago
Kigali, 26 avril 1999 (APIC) Les évêques catholiques du Rwanda ont appelé dimanche, dans un message lu dans les églises du pays, à la libération « pour raison de santé » de Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro. Mgr Misago a été arrêté à Kigali le 14 avril, accusé par le régime en place à Kigali d’actes de génocide et de crimes contre l’humanité. Le prélat incarcéré, âgé de 56 ans, souffre d’hypertension; il a toujours clamé son innocence.
La Conférence épiscopale du Rwanda attire une nouvelle fois l’attention sur le sort de Mgr Augustin Misago, dont la libération pour raison de santé a été réclamée de toutes parts, tant au Rwanda qu’à l’étranger. Le Vatican a qualifié cette arrestation d’acte « d’une extrême gravité » qui « perturbe profondément » les relations entre la République du Rwanda et le Saint-Siège. Les évêques rwandais rappellent que le juge en charge a considéré comme opportun de maintenir en détention l’évêque de Gikongoro, mais il a laissé ouverte la possibilité d’adresser une nouvelle demande de libération sur la base d’un dossier médical.
Dans leur lettre aux fidèles, les évêques rwandais les exhortent à la prière et leur demandent « de supporter cette épreuve et de rester inébranlables dans la foi. » Mardi dernier, la Chambre de Conseil à Kigali a siégé pour confirmer la détention préventive de Mgr Augustin Misago. Son avocat avait requis sa libération provisoire étant donné son âge et son état de santé. Les évêques rwandais ont fait la même requête auparavant. L’évêque incarcéré a lui aussi interpellé le procureur de la République dans le même sens, se heurtant au refus du juge.
Message de sympathie des Eglises du monde entier
Les confrères de Mgr Misago déclarent partager avec lui « cette pénible épreuve » et souhaitent que ces moments difficiles ne soient pas un motif de divisions. « Au contraire, ayons l’espoir que le souci de la vérité et de la justice guidera ceux qui ont la mission de résoudre ce problème. » A l’étranger, les Eglises continuent d’envoyer des messages de sympathie à l’Eglise catholique rwandaise dans le collimateur du pouvoir en place à Kigali. Selon des observateurs, le but des attaques contre des prêtres et des religieux – plusieurs ont été accusés et jugés pour participation au génocide de 1994 – est d’affaiblir une institution qui pourrait représenter un obstacle pour le régime rwandais. (apic/misna/bia/be)
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