Suisse: Consultation œcuménique sur l’avenir social et économique de la Suisse
Berne, 26 avril 1999 (APIC) Le troisième rapport intermédiaire sur la Consultation œcuménique sur l’avenir social et économique de la Suisse annonce que 40’000 formulaires, base de discussion, ont été vendus à ce jour. A la fin de mars 1999, 282 prises de positions ont été enregistrées, dont 140 depuis le début de l’année. Parmi les sources d’inquiétude citées partout: les transformations du monde du travail, le fossé qui s’approfondit entre riches et pauvres, le chômage des jeunes et le recul de la solidarité. Le présidium a décidé prolonger les délais de réponse jusqu’à fin octobre 1999.
Actuellement, la direction du projet s’occupe, selon le rapport, essentiellement de la procédure d’évaluation, de l’animation et de l’information du public. Diverses initiatives contribuent beaucoup à la qualité et à la richesse du débat public. Par exemples: le congrès «Arbeitspolitik für alle/ une politique de l’emploi pour tous» qui s’est déroulé le 26 mars à l’Université de Saint-Gall, ainsi que celui des 7 et 8 mai à Genève sur la politique financière internationale, organisé et soutenu par Action de carême, Pain pour le prochain et COTMEC (Commission tiers Monde de l’Eglise catholique, à Genève). Ces deux manifestations et de nombreuses autres éclairent des thèmes très importants pour la question de l’avenir et leur confèrent, dans la procédure de consultation, le poids qui leur revient.
Que disent les prises de position?
145 des 282 envois proviennent de groupes ou sont le reflet de manifestations publiques. Du point de vue de la répartition linguistique, 185 sont en allemand, 91 en français et 6 en italien. Les 50 prises de position de «groupes», parvenues entre le début de l’année et la mi-mars, s’appuient en majeure partie sur des discussions publiques et proviennent de milieux proches de l’Eglise. Parmi les sources d’inquiétude citées partout, il y a les transformations du monde du travail, le fossé qui se creuse entre riches et pauvres, le chômage des jeunes et le recul de la solidarité.
Les changements dans le monde du travail sont ressentis comme oppressants «La globalisation et les fusions font peur.» Ils créent un climat dans lequel la pression exercée sur les salariés ne cesse de croître. Les salariés craignent la perte de leur emploi. A la suite de la réduction des postes de travail, le travail «doit être maîtrisé par un plus petit nombre de personnes qui, en raison des heures supplémentaires trop nombreuses et du temps de planification et de production réduit, touchent aux limites des charges tolérables».
L’individu qui ne peut pas avoir la flexibilité nécessaire (celui qui a une famille ou est déjà d’un certain âge) ou qui ne satisfait pas aux exigences toujours plus élevées du poste de travail se fait écraser. Cette évolution touche particulièrement durement les jeunes: ils ne trouvent pas d’emploi ou ont même du mal à trouver une place d’apprentissage. Cette évolution accuse aussi le fossé entre riches et pauvres dans notre pays et conduit à un recul de la solidarité dans le domaine individuel et structurel. Les déclarations dans ce sens sont multiplies.
Que faire alors?
Différentes propositions sont formulées dans l’idée d’induire les changements nécessaires dans le domaine de l’économie et du travail; elles vont de l’adaptation du temps de travail et de la répartition entre le travail rémunéré et non à l’imposition des transactions financières, en insistant sur le fait que les entreprises n’ont pas seulement un rôle économique, mais un rôle social à jouer.
Les Eglises sont aussi interpellées dans cette situation. On attend d’elles des «prises de position politiques claires». Elles ont aussi un «rôle exemplaire» et devraient donc mettre en pratique dans leur domaine de nouveaux modèles de travail adaptés à chaque sexe et s’opposer aux mécanismes d’exclusion.
A l’intérieur de l’Eglise, on attend «qu’elle propose des lieux où les chrétiens peuvent analyser leur réalité de vie, échanger sur des stratégies de résistance au nom de l’Evangile». Par ailleurs, l’Eglise devrait aussi avoir une fonction de médiatrice: concrètement, elle devrait «rendre les employeurs et les employés attentifs aux aspirations de l’autre partie, afin de trouver un équilibre approprié».
Même les groupes qui font plutôt partie des milieux «économiques et libéraux» relèvent le besoin d’apporter des changements dans la politique du marché du travail. Il faudrait répondre aux transformations du marché du travail par une plus grande flexibilité et des conditions de travail et par des efforts accrus dans le domaine de la formation, à tous les niveaux et de la part des différents acteurs.
Responsabiliser l’individu
Ils insistent beaucoup sur la responsabilité de l’individu qui pourrait consister, par exemple, à être prêt à prendre davantage de risques ou simplement à accepter des conditions et des exigences différentes. L’efficience devrait être récompensée. C’est elle qui permet des innovations susceptibles de créer de nouveaux emplois. Ici, l’attention est attirée sur la subsidiarité qui occupe une place beaucoup trop restreinte dans la base de discussion.
En mars dernier, la Conférence des évêques suisses (CES)et le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) ont décidé de planifier une session d’étude commune les 9 et 10 mai de l’an 2000. Lors de ces deux journées les évêques et les membres du Conseil de la FEPS étudieront ensemble le rapport élaboré par le groupe d’évaluation. Ils auront la possibilité de lire les réponses reçues, pourront confronter leur point de vue avec des experts extérieurs et définiront les grandes lignes du document final qu’ils publieront au début de l’an 2001. (apic/com/ab)
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