Le président Robert Mugabe très fâché

Zimbabwe : Justice et Paix dans le collimateur du pouvoir

Harare, 27 avril 1999 (APIC) Au Zimbabwe, les milieux d’Eglise et les défenseurs des droits de l’homme sont inquiets pour la sécurité du président de la Commission catholique Justice et Paix, Michael Auret. Ce dernier a été récemment la cible de menaces proférées par le propre président du Zimbabwe, Robert Mugabe.

Dans une intervention à la télévision nationale, le chef de l’Etat lui a reproché d’avoir pris la défense des journalistes Wilson et Clive Murphy, de l’hebdomadaire indépendant « Sunday Standard », en dénonçant publiquement leur arrestation et en exigeant leur libération.

Au cours de cette intervention télévisée, le président Mugabe a adressé des propos acerbes aux juges de la Cour Suprême qui l’avaient accusé de non respect de la loi suite à la détention et à la torture de ces deux journalistes par les agents des forces de l’ordre. Plutôt que de se dissocier du comportement des forces de sécurité, le président a accusé les juges d’outrage à sa personne, les obligeant à démissionner.

Evoquant la menace proférée à l’endroit du président de la Commission catholique Justice et Paix, le porte-parole de l’épiscopat zimbabwéen, le Père Oskar Wermter, jésuite, a déclaré : « Ce n’est pas la première fois qu’une personnalité de l’Etat tienne des propos violents à l’endroit de l’Eglise. Si Mugabe a l’habitude de louer l’oeuvre des Eglises dans les secteurs de l’éducation et de la santé publique, a-t-il ajouté, il s’irrite violemment des critiques venant de personnalités religieuses comme d’ailleurs de toute autre personne ».

« Dire que Michael Auret cherche à ruiner l’unité nationale est une allégation mensongère », a encore fait remarquer le Père Wermter, rappelant que la Commission catholique Justice et Paix a apporté son soutien en 1978 à l’accord qui aboutit à l’unification de la ZANU et la ZAPU en un seul parti, d’où émane l’actuel gouvernement.

L’épiscopat intervient dans la polémique

Le porte-parole de l’épiscopat a par ailleurs fait l’éloge de Michael Auret pour sa dénonciation des atrocités commises par l’armée rhodésienne d’avant l’indépendance contre les combattants de la guerre de libération du Zimbabwe. Il a pris la défense d’autres agents pastoraux et même des évêques qui, notamment en 1983, furent l’objet des attaques de Robert Mugabe, alors Premier ministre.

Dans le même contexte, on signale que l’épiscopat zimbabwéen a reçu un message de la Conférence épiscopale de Botswana, d’Afrique du Sud et Swaziland qui s’inquiète de la violation des droits de l’homme au Zimbabwe. Le message signé par Mgr Louis Ndlovu, évêque de Manzini au Swaziland, et président de la Conférence épiscopale, dénonce l’atteinte à la liberté de la presse et stigmatise l’instigation à la tension raciale menée par le gouvernement, qui fait montre de méfiance à l’encontre des citoyens blancs au Zimbabwe. (apic/cip/ba)

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