Bâle: une mère britannique de 56 ans recourt au suicide assisté

Dévastée par la mort accidentelle de son fils, une mère britannique âgé de 56 ans, a eu recours au suicide assisté, le 24 avril 2026, dans une clinique spécialisée de Bâle. A part son état dépressif, cette femme ne souffrait d’aucune autre maladie grave.

Une femme britannique, en bonne santé physique, est morte dans une clinique de suicide assisté en Suisse après des années de souffrance psychologique liée à la perte de son fils unique, décédé accidentellement à l’age de 23 ans en s’étouffant avec une tomate. Présente au moment du drame, elle avait tenté de le réanimer avant de rester plusieurs jours à son chevet à l’hôpital, sans succès, rapporte le Daily Mail. Depuis, elle n’était jamais parvenue à surmonter ce traumatisme.

Une existence devenue « insupportable »

Malgré un suivi médical, des thérapies et la prise d’antidépresseurs, la quinquagénaire évoquait dans les médias anglo-saxons une existence devenue « insupportable ». Elle avait déjà tenté de mettre fin à ses jours dans les mois suivant la mort de son fils.

C’est finalement en Suisse, où le suicide assisté n’est pas puni sous certaines conditions, qu’elle a choisi de mettre un terme à sa vie. Après plusieurs mois de démarches et d’évaluations psychiatriques, elle a été acceptée par l’organisation controversée Pegasos, qui affirme avoir vérifié sa pleine capacité de discernement. Le processus, financé sur ses économies personnelles, lui aurait coûté environ 10’000 livres sterling (10’000 francs suisses).

« Je peux confirmer que la procédure s’est déroulée sans incident et en totale conformité avec ses souhaits », a indiqué au Daily Mail Ruedi Habegger, fondateur de Pegasos. Sur son site, l’organisation se présente comme «une association à but non lucratif basée à Bâle, en Suisse, qui pense que c’est le droit humain de tout adulte rationnel et lucide, quel que soit son état de santé, de choisir la manière et le moment de sa mort.»

Une base légale ténue

Contrairement à d’autres pays qui ont légiféré sur la question, en Suisse, l’aide au suicide repose uniquement sur l’article 115 du code pénal adopté en 1942, qui prévoit que «celui qui, poussé par un mobile égoïste, aura incité une personne au suicide, ou lui aura prêté assistance en vue du suicide, sera, si le suicide a été consommé ou tenté, puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire». La jurisprudence en a déduit ›en creux’ que si l’auteur n’est pas motivé par un ›mobile égoïste’, par exemple, financier ou successoral, il n’est pas punissable. La fédération suisse des médecins (FMH) et l’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) encadrent cette pratique via des directives éthiques, insistant sur la capacité de discernement, le désir persistant de mourir. L’euthanasie active reste interdite. (cath.ch/ag/mp)

Maurice Page

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