Brésil: Paysans sans terre dans le collimateur des grands propriétaires terriens
Sao Paulo, 1er mars 1999 (APIC) L’Union démocratique rurale (UDR), une organisation ultra-conservatrice de grands propriétaires terriens, veut prendre des mesures radicales destinées à empêcher l’occupation de terres par le Mouvement des paysans sans terre (SMT). Mais aussi pour dénoncer un autre mouvement semblable, le Mouvement des agriculteurs sans terre (MAST), très actif ces derniers mois.
Pour organiser ces représailles, une réunion est prévue pour le mardi 2 mars à Presidente Prudente, une ville située à l’intérieur de l’Etat de Sao Paulo. Outre les représentants de l’UDR, le Mouvement national des producteurs dont le siège est situé à Uberlandia dans l’Etat de Minas Gerais, a annoncé sa présence. L’intention des participants est « de tout faire pour la défense de la propriété privée dans tout le Brésil ».
A l’ordre du jour de la rencontre également , l’analyse de l’action récente du MAST, liée à la sociale-démocratie syndicale, considéré actuellement comme encore plus préoccupante aux yeux de l’UDR que le STM, du moment que ce dernier a suspendu il y a quelques mois sa stratégie d’occupation des terres dans la région. But de ce changement momentané: Mettre la pression sur le gouvernement brésilien en intensifiant des manifestations de rues et le blocus de bâtiments publics pour exiger la libération de ressources financières pour les familles paysannes qui ont déjà reçu des titres de propriétés, à la suite d’occupation de terres.
Lors de sa fondation en1985, l’UDR avait créé 300 sections dans tout le pays. Lors des élections présidentielles de 1989, l’UDR avait même lancé comme candidat à la présidence, de la République Ronaldo Caiado, son propre dirigeant. L’UDR est accusée dès les premiers mois de son existence d’avoir, à diverses reprises, organisé l’assassinat de plusieurs leaders ruraux syndiqués et des paysans sans terre conscientisés. A la fin 1994, vu la démotivation de plusieurs de ses membres, l’assemblée nationale de l’UDR avais mis le mouvement en veilleuse. Mais deux ans plus tard, l’UDR sort de sa léthargie dans la région de Pontal do Paranapanema (Etat de Sao Paulo). Depuis lors, l’Union démocratique rurale possède à nouveau plusieurs sections dans les Etats du Mato Grosso du Sud, du Parana et de Minas Gerais. (apic/plp/ba)
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