Suisse: Le parlement discute du soutien de la Suisse à l’apartheid
Cape Town,
(APIC) A la veille de la discussion aux chambres fédérales sur la question du soutien de la Suisse au régime d’apartheid en Afrique du Sud, l’archevêque anglican de Cape Town, Mgr Njongonkulu Ndungane, demande des réparations. Le successeur de Mgr Desmond Tutu suggère la création d’une sorte de «Plan Marshall» pour l’Afrique du Sud destiné en particulier à l’éducation et à la création d’emplois.
Dans une prise de position rendue publique mardi à Cape Town, l’archevêque se félicite que le parlement suisse – grâce à une motion de la Conseillère nationale verte Pia Hollenstein – se penche sur cette question et que la campagne internationale pour obtenir des réparations ait porté du fruit. Il souhaite que les chambres mettent sur pied une «Commission vérité» pour enquêter sur le soutien des banques suisses à l’apartheid.
Une trentaine d’ONG sud-africaines, suisses, allemandes et britanniques ont dénoncé dans un rapport présenté au début du mois de février les liens étroits qui ont unis la Suisse et l’Afrique du Sud au plus fort de l’apartheid. Aujourd’hui les victimes de la ségrégation raciale exigent réparation et réclament en particulier l’abolition de la dette.
Pour la première fois une étude détaillée permet de chiffrer la participation de la Suisse au régime d’apartheid. L’évaluation du montant et de la structure de la dette héritée de l’apartheid en Afrique du Sud n’est pas une mince affaire. L’auteur de l’étude, l’économiste Mascha Madörin, est actuellement en Afrique du Sud pour y présenter et compléter son rapport.
Les institutions et les personnes qui ont engrangé des profits au temps de l’apartheid portent la responsabilité du renforcement du régime dans sa politique de déstabilisation, de répression et de destruction. C’est pourquoi la dette extérieure doit être annulée et les victimes de violations des droits humains et de destructions ont droit à une réparation.
Dans toute l’Afrique australe, en raison de difficultés financières héritées de l’époque de l’apartheid, les droits à la santé et à l’éducation de millions d’êtres humains sont aujourd’hui sacrifiés. Il est injuste et absurde d’exiger que les populations concernées remboursent des crédits qui ont contribué à les opprimer, remarquent les responsables de la campagne. (apic/com/mp)
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