Rome: Jean Paul II dénonce l’organisation parallèle du travail au noir

Une pratique qui «lèse gravement l’économie d’un pays»

Rome, 8 mars 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II a dénoncé l’organisation parallèle du travail au noir, qui «lèse gravement l’économie d’un pays», en s’adressant à Rome aux participants de la cinquième Assemblée plénière de l’Académie pontificale des sciences sociales. Encourageant un renouveau éthique comme clef de la question du chômage, le pape a souhaité que les «choix stratégiques» des entreprises ne se fassent jamais au détriment des travailleurs.

Le pape a conclu ainsi des travaux commencés le 3 mars sur les moyens de réduire le chômage. L’Académie travaille depuis quatre ans sur la question du travail et de l’emploi.

«L’organisation parallèle du travail au noir lèse gravement l’économie d’un pays», a-t-il estimé samedi 6 mars devant les représentants de l’Académie pontificale des sciences sociales. Pour le pape, cela constitue un «refus de participer à la vie nationale par les contributions sociales et par l’impôt», qui «place des travailleurs, en particulier des femmes et des enfants, dans une situation incontrôlable et inacceptable de soumission et de servilité, non seulement dans les pays pauvres mais aussi dans les pays industrialisés».

Jean Paul II a évoqué d’autre part les problèmes de surendettement, en montrant la nécessité «d’apprendre aux personnes et aux familles à faibles revenus à savoir gérer leurs budgets», et à «ne pas se laisser attirer par des biens illusoires que propose la société de consommation».

Le pape a par ailleurs insisté sur le fait que tous les salariés doivent avoir leur part de responsabilité au sein des entreprises, «chacun à son échelon». Et de préciser qu’il est essentiel de «développer un système qui privilégie le sens de l’innovation de la part des individus et des groupes». L’emploi est sans certainement un défi majeur pour la vie internationale, a-t-il déclaré, avant de se préoccuper de la précarité des emplois pour les jeunes.

Jean Paul II a enfin suggéré de revoir les liens entre salaire et travail pour revaloriser des emplois manuels. «Un écart trop important entre les salaires est injuste, a-t-il ajouté, car il déprécie un certain nombre d’emplois indispensables, et il creuse des disparités sociales dommageables pour tous».

Fondée en janvier 1994 par Jean Paul II, l’Académie pontificale des sciences sociales a pour but de promouvoir l’étude des sciences sociales, économiques, politiques et juridiques, pour offrir à l’Eglise des éléments utiles à l’approfondissement et au développement de sa doctrine sociale. Composée de 33 membres provenant de tous les continents, économistes, juristes, sociologues, politologues et théologiens, elle est présidée par le professeur Edmond Malinvaud, économiste français. (apic/imed/pr)

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