Mgr Thiandoum prend position pour un candidat: une première

Sénégal: La bataille pour les élections de l’an 2000 se profile déjà

Dakar, 12 mars (APIC) L’archevêque de Dakar, Mgr Yacinthe Thiandoum, a, pour la première fois au Sénégal, pris position dans la bataille de succession au président Abdou Diouf. Il a porté son choix sur Moustapha Niasse, ancien ministre d’Etat aux Affaires étrangères. « Il connait le pays, il est l’ami des arabes et affiche une grande ouverture d’esprit à l’égard du chritianisme », a-t-il souligné dans une interview publiée cette semaine par l’hebdomadaire francophone « Jeune Afrique », édité à Paris.

Le président Abdou Diouf qui dirige le pays depuis 19 ans est candidat à sa propre succession pour les élections présidentielles de l’an 2000. Il a modifié l’automne dernier la constitution qui lui permet maintenant de diriger le pays aussi longtemps que possible. La Constitution sénégalaise, dans son ancienne formule, limitait à deux le nombre de mandats présidentiels au Sénégal.

Officiellement la succession du président Diouf n’est pas ouverte. Mais dans les faits, elle est au centre des luttes de positionnement au sein du Parti Socialiste (PS), sa formation politique majoritaire. La bataille oppose jeunes cadres sans passé politique connu et anciens du parti, appelés les « barons », riches en expérience politique.

Pour l’archevêque de Dakar, Moustapha Niasse, chef de file des barons, est « le candidat idéal: intelligent, formé par Senghor », le chrétien qui a dirigé le pays de 1960 a 1980.

Interrogé sur les raisons qui font qu’en Afrique, de plus en plus de personnes se tournent vers l’islam, Mgr Thiandoum a estimé que cela vient du fait que les pays arabes apportent « une aide considérables » aux pays musulmans. D’autre part, dans beaucoup de ces pays, ce sont les musulmans qui détiennent les rênes du pouvoir, et cela les met en valeur. Dans des pays comme le Sénégal, cette situation est entrain de changer et, « maintenant, on assiste à une sorte de cooptation religieuse », a-t-il précisé. Il a, en outre, analysé l’intégrisme religieux comme un phénomène différent, qui menace toutes les religions, y compris chrétienne. (apic/ibc/pr)

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