Indonésie: Le pape dénonce les violences entre chrétiens et musulmans dans les Moluques
Rome, 14 mars 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II s’est inquiété dimanche des violences entre chrétiens et musulmans en Indonésie. Lors de la prière de l’angélus, Place Saint-Pierre à Rome, le pape a déploré publiquement les tensions ethniques et religieuses qui ont déjà fait plusieurs centaines de mort depuis le début de l’année, notamment dans l’île d’Ambon, dans les Moluques.
S’adressant aux pèlerins réunis sur la place, après avoir récité avec eux la prière de l’angélus, le pape a mentionné en particulier la ville d’Ambon, chef-lieu de l’archipel des Moluques. Parlant des « affrontements cruels » qui s’y déroulent depuis des mois, il a souligné qu’ils ont bouleversé « la vie commune traditionnellement harmonieuse entre chrétiens et musulmans ».
« J’adresse une exhortation pressante, a insisté Jean Paul II, pour que tous – et spécialement ceux qui fomentent les désordres – abandonnent la violence, cause de souffrances innombrables, et retrouvent les chemins de l’entente ». Le pape a exprimé en outre une pensée de « réconfort » pour les victimes de ces affrontements, et a assuré l’ensemble du peuple indonésien de sa « proximité spirituelle ».
Mgr Belo n’a aucune confiance dans les forces armées indonésiennes
Dans le même temps, Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, administrateur apostolique de Dili, a réclamé l’envoi d’une mission de l’ONU à Timor Est, l’ancienne colonie portugaise annexée illégalement par l’Indonésie. Le Prix Nobel de la Paix a affirmé n’avoir aucune confiance dans les forces armées indonésiennes stationnées sur le territoire. Mgr Belo a réclamé une nouvelle fois le désarmement de tous les groupes paramilitaires et le départ des troupes indonésiennes.
L’administrateur de Dili a l’impression que les forces en faveur du maintien de Timor Est au sein de l’Indonésie veulent créer un climat de peur, pour faire croire à la population que l’ancienne colonie sombrera dans le chaos dès le départ des Indonésiens. Mgr Belo a qualifié de « trop vague » et « opaque » la proposition d’autonomie avancée désormais par Djakarta. (apic/kna/be)
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