Premières réactions à la nomination de l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg

«Il a fallu neuf mois pour que naisse un nouvel évêque»

Fribourg, 18 mars 1999 (APIC) A la suite de la nomination par le pape de l’abbé Bernard Genoud à la tête du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, l’agence APIC a recueilli quelques premières réactions dans le canton de Fribourg et celle d’un pasteur genevois. Deux des personnes interrogées ont trouvé le temps long avant que la décision finale de Rome ne tombe. D’autres souhaitent que le nouvel évêque soit de son temps et ait une fibre œcuménique. La Conférence des évêques suisses se réjouit profondément d’accueillir «ce Fribourgeois du sud» en son sein.

L’abbé Jacques Rime, à Bussy, vicaire du secteur Saint-Laurent dans la Broye fribourgeoise, ordonné prêtre en 1997, est très heureux de la nomination de Bernard Genoud à la tête du diocèse: Il s’attendait plutôt, selon les rumeurs qui circulaient, à la nomination de Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire à Lausanne. «Mais j’espérais secrètement que Rome choisirait mon ancien professeur de philosophie au collège du Sud à Bulle. Me voilà comblé. Je le connais bien. Il est un philosophe et un théologien très cultivé et qui sait transmettre intelligemment et d’une manière pédagogique la Bonne Nouvelle. Un vrai «communicateur», qui à l’occasion sait utiliser l’humour pour faire passer ses idées. J’apprécie son approche de la philosophie et de l’anthropologie. Par ailleurs, il m’a donné le goût pour choisir le chemin du sacerdoce. Un homme que j’aime beaucoup».

«Qu’il ne soit pas prisonnier ou otage de «chapelles»

Le chanoine Jacques Banderet, vicaire épiscopal pour le canton de Fribourg, qualifie Bernard Genoud «d’homme fraternel, brillant et dynamique». Il souhaite que le nouvel évêque soit «un rassembleur», ce qui est indispensable, à ses yeux, pour un évêque aujourd’hui. Qu’il soit à l’écoute du monde de maintenant, car il sera évêque pour le début du 21siècle. Et non pas un évêque de 1890, ni d’avant le Concile Vatican II. Le monde d’aujourd’hui est à réévangéliser. Que notre nouvel évêque, ajoute le vicaire épiscopal, soit un homme libre. Qu’il ne soit pas prisonnier ou otage de «chapelles» ni de nostalgiques qui voudraient refaire une «Eglise de chrétienté», alors qu’aujourd’hui nous vivons dans un monde très sécularisé. Jusqu’à présent, à part sa tâche importante dans la formation des futurs prêtres, comme supérieur du Séminaire diocésain, il n’a pas été associé à une tâche de gouvernement dans le diocèse comme l’aurait été un évêque auxiliaire ou un vicaire épiscopal. Ce sera une nouvelle tâche qu’il devra apprendre pour le bien de l’unité de tous les diocésains.

Michel Monney, président du Conseil exécutif de la Corporation ecclésiastique fribourgeoise, se dit particulièrement content. Le diocèse a enfin un évêque, mettant fin à une trop longue vacance. Concernant la personne de Bernard Genoud, qu’il ne connaît pas encore beaucoup, il estime qu’a travers sa longue fonction de professeur, il a sans doute eu de très bons contacts avec les jeunes. Le voilà maintenant évêque au service de tout le peuple de Dieu. Comme laïc, j’attends que dans la pastorale de tous les jours, il reste ouvert à tous les débats parfois controversés qui traversent l’Eglise catholique. Je souhaite qu’il respecte et recherche constamment l’unité des catholiques dans le canton de Fribourg et dans tout le diocèse.

Les souhaits d’un pasteur protestant

Quant au pasteur Joël Stroudinsky, nouveau président élu de l’Eglise nationale protestante de Genève, qui prendra ses fonctions en juillet de cette année, il ne connaît pas du tout le nouvel évêque. «Je n’ai donc pour le moment pas de commentaires à apporter sur la personne Bernard Genoud, ni sur son orientation pastorale ou théologique. Les trois bureaux des exécutifs des Eglises protestante, catholique romaine et catholique chrétienne, réunis mardi dernier, partageaient ensemble une interrogation sur la lenteur avec laquelle se faisait la succession de Mgr Grab. Il aura donc fallu neuf mois pour que naisse un nouvel évêque diocésain! Il était temps que cette décision tombe! Je m’en réjouis fraternellement pour l’Eglise catholique.

Sur la question capitale des relations des Eglises chrétiennes à Genève, le pasteur Joël Stroudinsky ajoute ceci: «Vis à vis de l’Eglise catholique, nous avons un partenaire privilégié en Pierre Farine, évêque auxiliaire, avec lequel nous travaillons en très bonne harmonie dans un atmosphère de grand respect et d’estime réciproques. J’espère pleinement que le nouvel évêque ait cette dimension d’écoute, vraiment œcuménique. Et qu’il entende notre volonté de travailler ensemble pour que les chrétiens s’unissent dans ce qu’ils ont en commun . Et ils ont beaucoup de choses en commun pour que l’Evangile retentisse dans ce pays. Car nous devons relever ensemble les défis qui se posent à la société d’aujourd’hui. Cette dimension, à la fois spirituelle et de communion d’action, est un don que nous souhaitons trouver auprès du nouvel évêque de Lausanne, Genève et Fribourg.

Le musicien passionné

La Conférence des évêques suisses (CES) «salue de son côté Mgr Bernard Genoud comme nouveau membre de la Conférence et lui souhaite la plus cordiale bienvenue. La CES reçoit en ce Fribourgeois du sud du canton un pédagogue remarqué qui a été au service de la jeunesse par l’enseignement philosophique, aujourd’hui chargé de la formation des futurs prêtres en tant que supérieur du Séminaire et des diacres permanents en tant que président de la Commission diocésaine. Elle salue également dans le nouvel évêque de Lausanne, Genève et Fribourg l’homme de culture et le musicien passionné. Le CES se réjouit enfin d’accueillir Mgr Bernard Genoud à l’occasion de ses journées d’étude qui auront lieu les 21 et 22 avril prochains». (apic/com/ba)

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