Lettre ouverte pour dénoncer «les nombreux méfaits du Vatican»
Les principales accusations contenues dans la lettre signée par un «groupe d’intellectuels et d’hommes politiques de la diaspora», vont du soutien au colonialisme français à travers l’activité missionnaire, à la tentative de transformer le Vietnam en un Etat «dépendant de l’empire du Vatican», en passant par l’ingérence de l’Eglise dans les affaires intérieures du Vietnam et la destruction de la culture et des traditions vietnamiennes, pour terminer par le reproche d’une politique obscurantiste pour maintenir le peuple dans la pauvreté et dans l’ignorance.
Les signataires invitent dès lors le pape à demander explicitement pardon, à promettre de ne plus intervenir dans les questions intérieures du Vietnam, à respecter les traditions de la population, à restituer tous les biens spirituels et matériels, et surtout, à annuler la canonisation de 117 martyrs, considérés comme «des agents traîtres qui portent le masque religieux».
Discréditer l’image de l’Eglise?
Selon l’Agence Fides à Rome, beaucoup pensent que le «metteur en scène de cette lettre n’est autre que le parti communiste», un parti qui «cherche à discréditer l’image de l’Eglise dans le pays». «Même si en théorie la Constitution vietnamienne garantit la liberté religieuse, ajoute l’agence, les dirigeants du parti ont tout fait, par le passé, pour éliminer les religions à n’importe quel prix». Et Fides d’ajouter: «Le parti continue cependant à déclarer publiquement le respect de la liberté religieuse. La contradiction entre les déclarations publiques et la pratique politique effective repose sur le fait que le gouvernement de Hanoi doit faire face à des pressions politiques croissantes et à la résistance publique».
Le scénario actuel suggère des ouvertures timides, comme l’autorisation du pèlerinage au sanctuaire de La Vang en août 1998, et la proposition d’entamer des discussions sur les relations diplomatiques avec le Vatican, question soumise à la délégation du Vatican actuellement en visite à Hanoi.
«Toute la population vietnamienne souhaite ces relations, car cela faciliterait aussi la venue du pape au Vietnam «, confie le cardinal Phan Dinh Tung, archevêque de Hanoi. L’archevêque a déjà demandé officiellement au gouvernement de pouvoir inviter le pape, mais n’a pas encore reçu de réponse.
L’agence Fides, qui dépend de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, rappelle ce qu’avait déclaré en novembre dernier Mgr Etienne Nguyen Nhu The, archevêque de Huê, dans le centre du pays : «Le gouvernement a compris qu’il devait rassembler toutes les forces du pays, et spécialement les religions. Freiner les religions équivaut à perdre l’estime des gens, et cela a pour résultat d’affaiblir la cohésion à l’intérieur du pays. Certes, le parti commence à reconnaître officiellement aux religions le pouvoir de véhiculer des valeurs qui peuvent contribuer à la construction du pays. Mais le nouveau décret d’octobre 1998 sur les religions nous oblige toujours à demander la permission au gouvernement pour un chacun de nos faits et gestes.» (apic/cip/pda)
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