Les Commissions «Justice et Paix» d’Europe contrent le Vatican
Londres,
(APIC) L’affaire Pinochet continue de faire des remous dans l’Eglise comme dans l’opinion publique. Les Commissions «Justice et Paix» de neuf pays d’Europe viennent d’adresser une lettre ouverte aux lords britanniques pour les inviter à ne pas reconnaître l’immunité à l’ex-dictateur chilien. Le général doit être livré à la justice espagnole pour être jugé pour crimes contre l’humanité, insiste la lettre Cette démarche des Commissions épiscopales s’oppose frontalement à celle du Vatican prônant la clémence pour le général Pinochet.
La lettre aux Lords chargés de traiter du cas du dictateur retenu depuis cinq mois en Angleterre, signée par le secrétaire de la Conférence des Commissions européennes «Justice et Paix» Victor Scheffers. Elle entre en contradiction directe avec la démarche du Vatican du mois de février. Le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano avait alors évoqué comme motif de l’intervention romaine en faveur de l’ex-dictateur des raisons humanitaires.
Le général Pinochet, aujourd’hui âgé de 83 ans a été arrêté en Angleterre en octobre dernier à la demande de la justice espagnole. Une cour formée de sept lords juge actuellement en deuxième instance si l’ex-dictateur chilien doit être ou non remis aux autorités espagnoles. Le verdict devrait tomber le 24 mars. Les Espagnols ont réclamé l’extradition de Pinochet pour le juger pour génocide, torture et terreur. Sous le régime du général de 1973 à 1990, au moins 3’000 personnes ont été tuées ou ont disparu sans laisser de traces.
En tant «qu’organes responsables de la question des droits de l’homme au sein de l’Eglise catholique», les Commissions «Justice et Paix», de France, de Suisse, d’Espagne, de Belgique, du Danemark, des Pays-Bas, d’Autriche, d’Ecosse et de Suède, soulignent que l’immunité ne peut pas exister dans les cas de crimes contre l’humanité. Dans l’affaire Pinochet comme pour des causes semblables il est indispensable de prononcer un jugement. D’un point de vue chrétien, il n’est cependant pas exclu que, sous certaines circonstances, le coupable soit gracié.
Le refus d’accorder l’immunité à Pinochet doit être un signal sans équivoque pour dire à ceux qui violent les droits de l’homme qu’ils ne pourront pas échapper aux poursuites. Un procès est également une contribution importante – même si elle est souvent trop tardive – pour rétablir la justice en faveur des victimes et de leurs proches, conclut la lettre. (apic/kap/mp)
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