Paraguay: Suite au meurtre du vice-président les évêques appellent à la réconciliation
Asuncion, 24 mars 1999 (APIC) Suite au meurtre du vice-président du Paraguay, Luis Maria Argaña, tué mardi dans un attentat à Asuncion, les évêques du pays ont lancé un appel à la paix et à la réconciliation.
D’après une première reconstitution, trois hommes en tenue militaire, pourvus d’armes automatiques, ont ouvert le feu sur la voiture dans laquelle se trouvait le vice-président, qui a été atteint par plus de dix balles. À la suite de l’attentat, qui a déjà donné lieu à une vague de violences et d’instabilité politique, le gouvernement a décrété l’état d’urgence et la fermeture des frontières.
Dans un communiqué bref mais ferme, la conférence épiscopale paraguayenne souligne que « la mort d’Argaña doit nous faire comprendre que la violence ne peut qu’enclencher des actes similaires », lesquels « ne peuvent que déboucher que sur le désordre et le chaos ». Les évêques répètent que la violence n’est jamais une solution et qu’elle doit être combattue par tous les moyens légaux. Ils invitent leurs concitoyens à nourrir des sentiments de paix, de réconciliation et de pardon et à garder « le ferme espoir de pouvoir résoudre les problèmes par les chemins du dialogue et de la démocratie ».
Argaña était un des principaux adversaires de l’ex-général Lino Oviedo, condamné en 1996 pour une tentative de coup d’Etat et aujourd’hui principal allié du président Raúl Cubas, celui-là même qui, après avoir été son adversaire, avait décidé en août 1998 sa libération par décret. Des représentants de l’opposition qui se sont rendus sur les lieux de l’attentat ont rendu le président Cubas personnellement responsable du meurtre et exigé sa démission.
Argaña appartenait, au sein du » Partido Colorado » au pouvoir, à une aile qui s’était alliée à l’opposition au Congrès pour réclamer que le président Cubas soit jugé, ce dernier n’ayant pas respecté une décision de la Cour Suprême de Justice. (apic/cip/mp)
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