L’espoir de voir un jour la violence céder le pas au calme semble plus ténu que jamais, dans un pays qui compte autant de fauteurs de guerre que d’artisans de paix. «Ce processus de paix ne convient pas à tout le monde, analyse, désabusé, le dirigeant de l’ELN. Parce que pour les groupes de pouvoirs, il implique une redistribution des cartes, une justice sociale, des bénéfices moins juteux. Pour la droite et l’extrême droite, le processus de paix ne va pas au-delà d’une reddition des forces insurrectionnelles. Et la remise des armes. Pour nous, la paix, il faut la construire. Et la construire implique la transformation sociale du pays, la transformation politique et économique. Eux ne veulent rien changer. Or pour nous, il ne peut y avoir de paix là où il n’y a pas de démocratie. C’est un point sur lequel nous ne pouvons transiger. Il est fondamental».
Selon Ramiro Vargas, l’unique opposition réelle en Colombie a pour nom insurrection. L’une des dernières oppositions politiques, l’Union patriotique a totalement disparu. Plus de 3’200 personnes militantes de ce groupement ont été assassinés. Ces quatre dernières années, l’armée et les paramilitaires ont tué 2’900 dirigeants syndicalistes. Durant la même période, 10’000 leaders populaires ont subi le même sort. «Dans notre pays, être leader populaire revient à porter sur son cou la corde qui vous pendra». (apic/pr)
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