Russie: Canonisation de Nicolas II pour l’an 2000: le Synode orthodoxe étudie la question

Moscou, 28 mars 1999 (APIC) Le Synode de l’Eglise orthodoxe russe se réunira en l’an 2000 pour prendre une décision concernant l’éventuelle canonisation du tsar Nicolas II, assassiné par les bolcheviques avec sa famille et sa suite en juillet 1918, a déclaré Alexis II, patriarche de l’Eglise orthodoxe russe, dans une interview accordée à la radio «Mayak».

Inde: Les jésuites du Sud de l’Inde soutiennent les Pères de Mello et Dupuis

Rome interpellé

Rome, 28 mars 1999 (APIC) Les jésuites du Sud de l’Inde interpellent Rome et renouvellent leur soutient à leurs théologiens, les Pères Anthony de Mello et Jacques Dupuis. Ils déplorent l’atmosphère de méfiance «pour ne pas dire de suspicion» créée par la Congrégation du cardinal Joseph Ratzinger.

Les provinciaux jésuites du Sud de l’Inde apprécient le travail de leur théologiens et ils les invitent même à aller «plus loin et plus profond». Dans une déclaration où ils rendent hommage aux Pères Anthony de Mello et à Jacques Dupuis, les jésuites déplorent «l’atmosphère de suspicion, pour ne pas dire de méfiance», créée par les récentes décisions de la Congrégation pour la doctrine de la foi à l’encontre de ces deux théologiens.

Dans cette déclaration, signée par le Père Lisbert D’Souza, les provinciaux jésuites du Sud de l’Inde commencent par évoquer «la conscience toujours plus grande qu’a l’Eglise universelle de la nécessité de s’incarner dans les différentes cultures», qui est «parmi les grâces les plus précieuses que Dieu nous révèle dans les dernières années de ce millénaire».

Suite au Concile Vatican II, où l’Eglise a réalisé qu’elle était une communion d’Eglise locales, les jésuites se sont engagés «dans une recherche, une réflexion et une praxis sérieuses dans de nombreux domaines de la vie de l’Eglise, en particulier la théologie, la spiritualité, le dialogue interreligieux et l’inculturation». Ils sont ainsi «en mission de reconnaissance», explorant de nouveaux terrains théologiques qui recouvrent un large spectre de la réalité que constitue la complexité d’un continent multiculturel et multireligieux. «A côté des ses antiques traditions, rappelle la déclaration, l’Asie est influencée par le progrès scientifique et la sécularisation, les soubresauts de l’économie, les incertitudes politiques, les catastrophes écologiques, les révolutions socio-culturelles et le fondamentalisme religieux» – illustré récemment encore en Inde par des atrocités qui n’ont pas épargné les jésuites.

Une atmosphère de suspicion

C’est dans ce contexte que les provinciaux de l’Inde du Sud «apprécient, supportent et encourageons le travail de (leurs) théologiens et d’autres pour construire l’Eglise locale en Inde». Ils souhaitent «qu’ils aillent même plus loin et plus profond, en fidélité au Christ et à la mission qu’il nous a confiée dans l’Eglise. Les jésuites relèvent avec satisfaction la demande de nombreux évêques au Synode pour l’Asie qu’une juste autonomie soit reconnue aux Eglises locales, mais ils regrettent que «le manque d’enthousiasme à l’intérieur et des blocages à l’extérieur aient entravé le progrès de l’inculturation dans le sous-continent».

Les jésuites indiens se disent «peinés par l’atmosphère de suspicion, pour ne pas dire de méfiance, créée par les récentes décisions de la Congrégation à l’encontre des Frères Anthony de Mello et Jacques Dupuis, qui leur semblent révélatrices d’une volonté générale de décourager et même d’un désaveu de l’orientation que prend la théologie asiatique», une suspicion qui «a desservi l’Eglise tout entière».

Le jésuite indien Anthony de Mello (1931-1987), dont les écrits ont été condamnés dans une note publiée à Rome le 22 août 1998 par la Congrégation pour la Doctrine de la foi, a été «un pionnier de l’intégration de la spiritualité asiatique et chrétienne et des méthodes de prière», soulignent les provinciaux jésuites. Il a aidé des milliers de personne en Asie et dans le monde «à devenir libres et à approfondir leur vie de prière, ce qu’attestent de nombreux témoignages et nos expériences personnelles».

Le Père Jacques Dupuis, un jésuite belge qui a acquis la nationalité indienne, âgé aujourd’hui de 75 ans, a dû renoncer l’an dernier au cours de christologie qu’il devait donner à l’Université pontificale Grégorienne, son dernier livre, «Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux», est actuellement à l’examen à la Congrégation pour la doctrine de la foi. A propos de ce confrère qui a enseigné la théologie pendant vingt ans en Inde, les signataires relèvent que «sa quête d’une théologie du pluralisme religieux est marquée, d’une part par son expérience de la situation interreligieuse en Asie du Sud, d’autre part par sa loyauté à l’égard de la tradition doctrinale, magistérielle et théologique de l’Eglise».

Des décisions «unilatérales»

«Nous ne demandons pas que leur travail échappe à une attention critique, écrivent les provinciaux de l’Inde du Sud. Dans une situation en évolution, la critique et le dialogue ouverts sont sains et bienvenus. Mais nous souhaitons que cela se fasse en appréciant pleinement le contexte culturel et interreligieux asiatique dans lequel ils travaillent, comme d’autres théologiens. Nous devons aussi être attentifs au pluralisme légitime de la théologie dans le cadre de l’unité de la foi et de la subsidiarité dans la prise de décision au sein d’une Eglise qui est aussi une communion d’Eglises locales. Nous pensons qu’il y a un manque de respect de la différence et des procédures correctes. Quand les décisions sont prises de façon unilatérale, sans dialogue avec les Eglises asiatiques, nous craignons que de telles interventions ne nuisant finalement à la vie de l’Eglise, à la cause de l’Evangile et au devoir d’interpréter la Parole pour ceux qui n’appartiennent pas à la tradition culturelle occidentale».

Les signataires disent leur reconnaissance «pour l’appréciation et le soutien que nos théologiens en Asie ont reçu de nombreux évêques et du peuple de Dieu en Asie et dans le monde». Ils invitent «les évêques, le clergé et le laïcat à continuer à les soutenir avec une confiance qui est sympathique mais pas naïve, critique mais qui ne censure pas», car ils sont «convaincus de l’importance du travail théologique pour notre tâche d’évangélisation, d’éducation et de justice sociale et pour l’impulsion que nous donnons à l’inculturation de notre foi». (apic/cip/pr)

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