«Il faut moins de centralisme dans l’Eglise»
Fribourg en Brisgau, 30 mars 1999 (APIC) Le cardinal Franz König, ancien archevêque de Vienne, demande plus de collégialité et moins de centralisme dans l’Eglise. Les évêques de Eglises locales doivent retrouver une plus grande responsabilité dans la direction de leur fonction ecclésiale, écrit le cardinal lundi dans le journal «Herder Korrespondenz» à Fribourg en Brisgau dans le sud de l’Allemagne. Au lieu d’aller dans cette direction, la bureaucratie du Vatican, à ses yeux, de manière consciente ou non, s’est emparée des compétences du collège des évêques.
La discussion autour de la responsabilité commune des évêques pour la direction générale de l’Eglise ne doit pas être comprise comme une critique anti-romaine, déclare encore le cardinal König. Il ne s’agit pas de supprimer la fonction papale. Mais le retour à une forme décentralisée de la direction de l’Eglise rejoint un vœu d’actualité. Les évêques ne sont pas les «envoyés» du pape ni, comme certains le souhaitent, les exécutants dociles des directives du pape.
Le nombre croissant de documents qui sort des divers départements du Vatican, précise l’ancien archevêque de Vienne, est le signe d’un déficit dans le domaine de la collégialité. Comme pour la doctrine sociale de l’Eglise, le principe de «subsidiarité» doit être employé aussi à l’intérieur de l’Eglise. L’autorité supérieure ne doit pas prendre en main des affaires qui peuvent être traitées par l’autorité subordonnée. La Curie romaine a peur que le dialogue intérieur mette en danger l’unité et enterre la loyauté réciproque.
L’œcuménisme en jeu
Selon le cardinal König, le collège des évêques est co-responsable du service de l’Eglise. Voilà pourquoi le collège des évêques doit pouvoir faire valoir non seulement ses conseils, mais participer aussi au processus de décision. La coordination collégiale des évêques et du pape dans la direction de l’Eglise catholique donnerait aussi une impulsion déterminante aux tâches œcuméniques. Si le collège des évêques catholiques ne devient pas co-responsable avec l’évêque de Rome, alors non seulement les Eglises orthodoxes mais encore les Eglises anglicane et protestantes ne seront pas intéressées à poursuivre avec nous le travail œcuménique, ni ne feront des pas concrets pour construire l’unité de l’Eglise du Christ. (apic/kna/job/ba)
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