Bucarest: L’Eglise orthodoxe roumaine débat sur l’opportunité d’inviter le pape
Rome, 5 février 1999 (APIC) La décision d’un voyage du pape en Roumanie pourrait être prise prochainement par le Saint-Siège. Elle dépend essentiellement des résultats de la rencontre, ces jours-ci, du patriarche de Bucarest et du synode de l’Eglise orthodoxe roumaine.
Le 28 janvier dernier, une rencontre entre huit représentants de l’Eglise orthodoxe roumaine et cinq représentants de l’Eglise gréco-catholique roumaine s’est tenue à Blaj, au centre de la Roumanie, sous la présidence de Mgr Daniel Ciobotea, métropolite orthodoxe de Moldovie et Bukovine, et de Mgr Lucjan Muresan, métropolite grec-catholique.
Il s’agissait de la seconde réunion de cette commission mixte. La première, en octobre dernier, ayant établi le dialogue entre les deux Eglises pour la première fois depuis 1990, date à laquelle l’Eglise gréco-catholique de Roumanie a été reconnue par le gouvernement roumain post-communiste. Ce dialogue concerne essentiellement les controverses sur des lieux de culte gréco-catholiques autrefois confisqués par le régime communiste roumain et remis à l’Eglise orthodoxe.
Les réunions de cette nouvelle commission permettent de mettre en place des analyses concrètes de chaque cas litigieux, en tenant compte des besoins concrets des deux Eglises, établis à partir de consultations du clergé local et des fidèles. Ce travail devrait permettre de contribuer à établir un climat de confiance entre gréco-catholiques et orthodoxes, capital pour que le synode orthodoxe roumain donne son accord pour une visite de Jean-Paul II dans le pays.
Dans ce dialogue, le Saint-Siège se présente comme un médiateur, dans la mesure où il ne prône pas un retour sans condition à l’Eglise gréco-catholique des lieux de culte lui ayant autrefois appartenu. Il cherche plutôt à promouvoir un dialogue local entre les fidèles des deux confessions, pour établir entre eux des relations de compréhension et même de fraternité ecclésiale. Cette position est apparue clairement le 28 janvier, à travers la présence de Mgr Francesco Pio Tamburrino, évêque italien, qui participait à la réunion en tant qu’observateur du Saint-Siège.
Si cette rencontre s’est bien passée, d’après l’évêque italien, on reste encore prudent, au Vatican, quant à la prévision d’une visite du pape dans le pays. Le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens attend des nouvelles de la part du synode orthodoxe roumain, conscient que celui-ci, dans sa décision d’accepter un tel voyage – le premier dans un pays à majorité orthodoxe – doit tenir compte également de l’opinion des patriarcats de Moscou et de Constantinople. (apic/imed/ab/pr)
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