Le forum de Davos dans le collimateur du patriarche œcuménique de Constantinople

Adresse Internet: http://www.catacombe.roma.it/indice_fr.html

Pouvoir et argent au service de l’humanité, exige Mgr Bartholomée

Istanbul, 7 février 1999 (APIC) Le pouvoir et l’argent doivent être mis au service de l’humanité, a exigé le patriarche oecuménique Bartholomée de Constantinople, dans une intervention à l’adresse des leaders politiques et économiques du monde, récemment réunis à Davos, en Suisse, à l’occasion du Forum économique mondial.

Citant le Nouveau Testament, les philosophe et poète grecs Aristote et Euripide, le patriarche Bartholomée, a fait remarquer que le pouvoir et l’argent devaient être mis au service de l’humanité et non le contraire. Dans un discours de trois pages prononcé la semaine dernière sur la mondialisation – l’un des sujets débattus cette année au Sommet de Davos -, le patriarche a relevé que dans l’échelle des valeurs, «il ne fait aucun doute que la personne humaine occupe une place plus élevée que l’activité économique; et que le progrès économique … devient utile lorsque – et seulement lorsque – il sert à promouvoir les valeurs non économiques qui composent la culture humaine».

Approuvant certains aspects de la coopération internationale «dans les secteurs de l’économie, du commerce, des télécommunications et des échanges», le patriarche a mis en garde contre une mondialisation qui «dévore» d’autres aspects de la culture, comme «la pensée, la volonté artistique, et les côtés contemplatifs de la vie. Quel est le véritable bénéfice pour l’humanité si la mondialisation entraîne l’affaiblissement de son pouvoir de création et des principes fondamentaux de la coexistence et de la survie, comme la justice, la réciprocité, la solidarité entre individus et entre peuples, le respect pour la personne humaine, fondation inébranlable de notre existence et de notre coexistence?»

L’oecuménicité spirituelle

Etablissant une comparaison entre la mondialisation économique et l’Eglise dans le monde, le patriarche Bartholomée a fait remarquer: «L’Eglise orthodoxe a développé l’idée de l’oecuménicité spirituelle, une forme de mondialisation qui proclame que tous les êtres humains, de toutes les races, langues et cultures, doivent être unis par les liens de l’amour, de la fraternité et de la coopération. Il est vrai que l’Eglise invite tous à se joindre à une religion, mais elle ne fait pas dépendre la fraternité, l’amour et son souci des autres de l’adhésion à cette religion. Parce que l’Eglise est amour pour tous, elle vit l’unité de l’humanité dans sa plénitude.»

«De ce point de vue, l’oecuménicité chrétienne diffère beaucoup de la mondialisation. Elle est fondée sur l’amour de son prochain, et le respect de la personne humaine qu’elle cherche à servir. La mondialisation est d’abord motivée par le désir de développer le marché, et de regrouper différentes cultures en une nouvelle, suivant les convictions de ceux qui ont une influence mondiale.» Malheureusement, a constaté en conclusion le patriarche Bartholomée, la mondialisation entraîne ordinairement «la croissance de la domination économique des géants de la finance» par-delà les frontières nationales et culturelles». (apic/eni/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/adresse-internet-http-www-catacombe-roma-it-indice-fr-html/