La Roumanie pourrait entrer dans l’histoire en invitant le pape à visiter un pays orthodoxe
Bucarest, 7 février 1999 (APIC) L’Eglise orthodoxe de Roumanie a provisoirement accepté le projet d’un pèlerinage de Jean Paul II en Roumanie, qui serait la première visite du pape dans un pays majoritairement orthodoxe. Selon des rumeurs à Bucarest, cette visite pourrait avoir lieu en mai prochain.
Si ce projet se réalise, il devrait insuffler un nouvel élan aux relations entre les Eglises orthodoxes et le Vatican. Cette proposition coïncide avec les efforts déployés en Roumanie pour régler la question des biens d’Eglises confisqués sous le régime communiste aux grecs-catholiques – liés à Rome mais pratiquant la liturgie orientale – et remis, dans la plupart des cas, à des Eglises orthodoxes. En Europe orientale, les conflits à propos de ces biens ont été l’un des principaux obstacles aux relations entre orthodoxes et catholiques depuis la chute du communisme.
«La Roumanie compte la plus grande minorité catholique de tous les pays orthodoxes, et nous avons aujourd’hui la chance de régler nos problèmes réciproques», a fait remarquer Costol Stoiku. «Une visite de Jean Paul II serait d’une grande importance pour les chrétiens roumains et pour les relations oecuméniques dans le monde». Environ 87% des citoyens roumains (23 millions) sont membres de l’Eglise orthodoxe. L’Eglise grecque-catholique compte quelque 700’000 membres, et l’Eglise catholique romaine de Roumanie a environ 1,5 million de fidèles. Il n’y avait pas de représentant de l’Eglise catholique de Roumanie à la réunion du 28 janvier, mais Mgr Francesco Tamburrino, délégué du Vatican, était présent à la réunion en qualité d’observateur.
Certains représentants d’Eglise ont indiqué à l’Agence œcuménique ENI que la visite pourrait avoir lieu en mai de cette année. Une déclaration de l’Eglise grecque-catholique indique que les négociateurs ont convenu de mettre en place des commissions diocésaines concernant la propriété et l’utilisation des églises locales. Elle précise que les anciennes églises grecques-catholiques seront restituées aux premiers propriétaires dans les paroisses comptant plusieurs églises, mais qu’elles serviront aux deux communautés dans les paroisses n’ayant qu’un seul lieu de culte.
En Roumanie, l’histoire de l’Eglise grecque-catholique a été marquée par des événements tragiques. Environ 25% de ses 1’800 prêtres sont morts sous le régime communiste après l’interdiction de l’Eglise le 1er décembre 1948. La minorité qui a survécu est entrée en conflit avec les communautés orthodoxes depuis que l’Eglise grecque-catholique a été autorisée à nouveau en 1990. Ces conflits portaient surtout sur les demandes de restitution des 2’000 églises grecques-catholiques, dont la plupart avaient été données aux orthodoxes.
Le 28 octobre de l’an dernier, durant leur première réunion après une impasse de huit ans, les deux Eglises se sont engagées à ne pas se livrer à la polémique. (apic/eni/pr)
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