Pologne: 12 prêtres et 7 complices condamnés pour importation illégale de voitures de luxe
Varsovie, 9 février 1999 (APIC) Douze prêtres catholiques romains ont été condamnés fin janvier par un tribunal de Lublin, en Pologne orientale, pour avoir importé illégalement des voitures de luxe d’Occident et falsifié des documents, rapporte l’Agence œcuménique ENI. Selon un porte-parole de l’Eglise, les contrevenants risquent aussi d’être sanctionnés par la leur hiérarchie. Un autre procès s’ouvrira en Pologne le mois prochain contre 6 autres prêtres, soupçonnés d’avoir importé illégalement 61 voitures entre 1992 et 1996.
Ces 12 prêtres et plusieurs complices laïcs – la plupart de l’archidiocèse catholique de Lublin – ont été condamnés, certains à des peines d’amendes de 3’000 zlotych (950 dollars), d’autres, à des peines de prison de 21 mois avec sursis. Les accusés, qui ont reconnu leur responsabilité devant un tribunal régional de Lublin, avaient importé illégalement des dizaines de voitures ces dernières années sans s’acquitter des droits, en déclarant ces voitures comme des dons (exempts de taxes) destinés à des fins pastorales et charitables.
Un porte-parole de l’archidiocèse, Mieczyslaw Puzewicz, a déclaré que deux prêtres ont déjà été suspendus par l’Eglise. Avant de décider du sort des dix autres prêtres, l’archevêque devrait s’entretenir avec eux.
Résumant les débats, le procureur a déclaré que le père Eugeniusz W, sans doute à la tête des trafiquants, organisait les importations de voitures avec l’aide de son frère, moine à Salzbourg, en Autriche. La police a été alerté par des erreurs figurant sur les certificats d’importation rédigés en allemand, qui indiquaient que les voitures, vendues plus tard avec des bénéfices pouvant se monter à 3’000 dollars, étaient destinées seulement à l’usage des Eglises.
Les prêtres et leurs complices, entre autres, un pompier, un directeur d’école, et plusieurs fonctionnaires de police, utilisaient un tampon périmé de l’archidiocèse de Lublin, a révélé le procureur, et imitaient les signatures des employés de l’archidiocèse.
Dans le cadre d’une autre affaire, six autres prêtres de Lublin et des diocèses avoisinants devront comparaître devant un tribunal le mois prochain pour avoir importé 61 voitures dans le pays entre 1992 et 1996.
Restrictions pour prévenir les fraudes
Les dons faits à l’Eglise pour «la liturgie, les oeuvres charitables et éducatives» étaient exempts de taxes douanières selon la loi de 1989 sur la liberté de conscience. Or, cette clause a été amendée en mai dernier pour exclure «certains produits et les voitures privées» après plusieurs cas de fraudes.
Des politiciens de l’opposition ont à maintes reprises souligné le manque de transparence fiscale en Pologne, ou les salaires des prêtres catholiques, auparavant considérés comme un groupe social privilégié, ont été affectés par les réformes économiques post-communistes. Peu de paroisses catholiques polonaises ont des commissions financières, comme l’exige le droit canon de l’Eglise, ou suivent l’obligation canonique de «rendre des comptes» aux membres de l’Eglise.
En janvier, le primat de l’Eglise catholique de Pologne, le cardinal Jozef Glemp, a révélé au quotidien «Zycie» qu’il gagnait environ 1’000 zlotych (300 dollars) par mois, et que l’archidiocèse s’apprêtait à publier ces chiffres.
Un autre archevêque polonais, Damian Zimon (Katowice), a déclaré gagner 500 zlotych (150 dollars par mois. Pour Mieczyslaw Puzewick, en termes financiers courants, l’Eglise s’appauvrit en Pologne comme le reste de la société. «Toutes les données montrent que l’image d’une Eglise riche ne correspond pas à la réalité. Cette affaire impliquant des prêtres à titre individuel seulement n’a rien à voir avec les autorités ecclésiastiques. Même si les conséquences nous concernent, toute cette affaire appartient au passé». (apic/eni/pr)
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