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La patronne des pauvres et des sans-abris
Saint-Petersbourg, 14 février (APIC) N’hésitant pas à braver le froid et des températures de moins vingt degrés, des milliers d’orthodoxes sont accourus de toute la Russie et de la Communauté d’Etats indépendants le week-end du 6 février pour se recueillir à Saint-Pétersbourg sur la tombe de sainte Ksenya une femme errante et à l’esprit dérangé morte il y a deux cents ans.
Aujourd’hui, les sans-abri et les pauvres, traités en parias par la société russe, viennent en nombre se mettre sous la protection de sainte Ksenya Blazhennaya Peterburzhskaya, connue pour ses nombreux miracles. L’Eglise orthodoxe russe a canonisé Ksenya le 6 février 1988. Sa fête est désormais célébrée ce jour-là.
« Les gens aiment Ksenya parce qu’elle a les traits d’une grande sainte, la patience et la persévérance, face à la pauvreté et au malheur », déclare Irina, venue du Belarus et se proclame « servante de Dieu » et « strannitsa », parcourant la Russie et allant d’un lieu saint à l’autre. « Aujourd’hui, ceux qui viennent lui rendre visite recherchent la force d’endurer toutes les difficultés de leur vie. »
Née dans les années 1720, Ksenya mourut à l’âge de 71 ans. Appartenant à une famille aisée, elle a connu une jeunesse agréable. Mais alors qu’elle avait 26 ans, la tragédie entra brutalement dans sa vie avec la mort soudaine de son mari, colonel et membre du choeur du tsar. Ne pouvant se remettre de cette perte, elle donna tous ses biens aux pauvres et commença à mener la vie errante d’une « yurodivyi », apparemment folle.
Les « yurodivyi » étaient des vagabonds, qui passaient leur vie en prières, possédaient le don de la prophétie, et n’hésitaient pas à dire la vérité, même aux puissants. Les gens au pouvoir les considéraient avec une certaine méfiance, tout en les méprisant, car les « yurodivyi » ne craignaient point de dénoncer l’hypocrisie de ceux qui se croyaient intouchables. « Si elle était vivante, elle aurait beaucoup à faire avec notre gouvernement », ironise un croyant, penché sur sa tombe.
40% de pauvres à Saint Petersbourg
« Avant, le gouvernement essayait de détruire notre foi par l’athéisme », a confié au correspondant de l’agence de nouvelles œcuménique ENI Liubov Andreevna, un retraité venu prier pour obtenir de passer l’hiver. « Aujourd’hui, il essaie de nous détruire physiquement, en nous laissant mourir de faim. Ces jours-ci, j’ai peur d’aller au marché, car les prix s’envolent, et ma retraite reste la même, c’est-à-dire 450 roubles (20 dollars) par mois. »
Selon la Fédération des syndicats de Saint-Pétersbourg, 40 % de la population de la région vit en dessous du seuil de pauvreté fixé à 916 roubles par mois. Le salaire moyen dans la ville est de 1’350 roubles par mois, mais selon un rapport paru dans le quotidien Smena, il faut au moins 2’700 roubles à un adulte pour survivre. (apic/eni/mp)
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