Ce prix condamne symboliquement les militaires argentins

Argentine: Les Grands-Mères d’Argentine reçoivent le Prix méthodiste de la paix

Buenos Aires, 16 février 1999 (APIC) « Les Grands-Mères de la Place de Mai », une Association fondée en 1977 pour rechercher les enfants « disparus » sous la dictature sanguinaire des militaires argentins, ont reçu le Prix méthodiste mondiale de la paix 1999. Les « Folles » de la « Plaza de Mayo » exigent depuis des années des nouvelles de leurs enfants enlevés avec leurs parents ou nés durant la captivité de ceux-ci.

10’000 personnes selon certains, 30’000 selon d’autres, ont ainsi été « disparues » par les militaires. Nombre d’entre eux ont été froidement embarqués dans des avions, puis jetés vivant dans la mer au large de Buenos Aires, avec, souvent, la bénédiction d’aumôniers catholiques de l’armée argentine.

Le 11 février, le Conseil méthodiste mondial, dont le siège est en Caroline du Nord, aux Etats-Unis, a annoncé que « les Grands-Mères de la Place de Mai » avaient obtenu cette distinction. Une année après l’établissement de la dictature militaire en Argentine, en 1976 ces femmes avaient pris l’habitude de se réunir sur la Place de Mai, en face du palais du gouvernement à Buenos Aires, pour demander des informations sur leurs fils et filles enlevés par les forces dites de sécurité.

Suivant l’exemple des mères, les grands-mères venaient aussi sur la place pour obtenir des informations sur les enfants enlevés avec leurs parents ou nés dans les centres de détention. Certains de ces enfants ont été adoptés par des membres des forces de sécurité. D’autres ont été abandonnés ou placés dans des institutions, ou encore tués.

Selon le Conseil méthodiste mondial, 10’000 personnes, et parmi elles 500 enfants, certains n’ayant pas encore un an, ont disparu sous la dictature militaire de 1976 à 1983. Malgré tous les efforts entrepris par les mères et grands-mères, seuls 56 enfants ont été retrouvés.

L’amnistie contre nature du président Menem

La campagne des Grands-Mères a entraîné l’an dernier l’arrestation de l’ancien président argentin, le général Jorge Videla, à la tête de la junte militaire lorsque celle-ci a pris le pouvoir en 1976, et d’un autre membre de la junte, l’amiral Emilio Massera, tous deux accusés d’enlèvement d’enfants. Tous les membres de la junte, avaient été jugés et condamnés en 1985 à la prison à vie, mais ils ont été graciés en 1990 par l’actuel président Menem, Toutefois, la mesure d’amnistie ne concernant pas leur participation à l’enlèvement d’enfants, la campagne des Grands-Mères a poussé les autorités à rouvrir l’enquête.

Le Prix sera remis à Buenos Aires au cours de cette année à la présidente des Grands-Mères, Estela Granges de Carlotto, dont la fille enceinte fut enlevée par des forces dite de sécurité à l’âge de 22 ans. Peu de temps après avoir donné naissance à un garçon dans un camp de détention, elle fut tuée. (apic/eni/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/argentine-les-grands-meres-d-argentine-recoivent-le-prix-methodiste-de-la-paix/