Après huit mois de prison

Guatemala: Accusé injustement de l’assassinat de Mgr Gerardi, l’abbé Orantes libéré

Guatemala Ciudad, 18 février 1999 (APIC) Le prêtre guatemaltèque Mario Orantes, détenu depuis le 22 juillet dernier dans l’affaire de l’assassinat de Mgr Juan Gerardi, évêque auxiliaire de Guatemala Ciudad, a été remis en liberté mercredi 17 février sur décision du juge chargé du dossier, Henry Monroy.

L’abbé Orantes a été remis en liberté après avoir passé près de huit mois en prison, accusé d’avoir tué Mgr Gerardi le 26 avril 1998. Le prêtre avait découvert dans le garage le corps sans vie de l’évêque, assassiné à coups de pierre. L’un et l’autre partageaient la même maison paroissiale de San Sebastian.

Lors d’une brève audience, le juge Henry Monroy a levé les charges qui pesaient sur l’abbé Orantes et ordonné sa remise en liberté. «Il n’existe aucun indice pour accuser le Père Orantes», a-t-il conclu. L’ex-accusé, qui avait été transporté affaibli par la maladie à l’Hôpital «Ciudad Vieja» le 4 décembre dernier, devra demeurer un certain temps encore à l’hôpital pour contrôle médical.

La décision du juge Monroy de libérer l’abbé Orantes intervient un jour après la demande du procureur d’ouvrir une procédure de jugement contre l’accusé.

Dans les milieux de l’Eglise catholique, mais aussi des organisations de défense des droits de l’homme, personne ne doutait de l’innocence de l’abbé Orantes. Des militaires de haut rang sont toujours montrés du doigt. Des accusations étayées avec précision contre plusieurs membres des forces armées n’ont toujours pas été prises en compte par la justice. Malgré des faits troublants, aucune enquête n’a été ouverte à ce jour à leur encontre.

Deux jours avant son assassinat, Mgr Gerardi avait présenté au pays un document accablant contre la répression violente principalement exercée par les forces armées du Guatemala pendant 36 ans de guerre civile.

«Ces derniers neuf mois ont été terribles pour moi», a commenté l’abbé Orantes, dès l’annonce de sa mise en liberté. «C’est dur d’être accusé injustement pour quelque chose que l’on n’a pas fait». Quant au secrétaire de la Conférence des évêques du pays, Mario Molina, il a fait part de son espoir de voir la justice faire son travail. De laisser les innocents en paix et d’enquêter dans la bonne direction. (apic/rep/aci/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/guatemala-accuse-injustement-de-l-assassinat-de-mgr-gerardi-l-abbe-orantes-libere/