Inde: Musulmans, chrétiens, hindous, bouddhistes prient pour l’unité, la paix et l’harmonie
New Delhi, 22 février 1999 (APIC) Dénonçant les violences et l’intolérance dont sont victimes les minorités en Inde, les chrétiens indiens ont adressé une lettre ouverte au Parlement de New Delhi, qui reprenait ses travaux lundi 22 février. Dimanche, des rencontres de prières interreligieuses ont été mises sur pied dans plusieurs villes, tandis que les chrétiens observaient une «Journée de prière pour la paix, l’harmonie et l’unité» à travers tout le pays.
Le secrétaire du Forum chrétien uni pour les droits de l’Homme, John Dayal, et le Père jésuite Ambrose Pinto, directeur de l’Institut social de l’Inde à New Delhi, ont interpellé les députés indiens, leur demandant d’entreprendre une action énergique pour protéger les minorités menacées par des groupes fondamentalistes hindous.
A New Delhi, plus de 25 évêques, pasteurs protestants et leaders d’autres religions – dont des hindous, des musulmans, des juifs, des bouddhistes, des jaïns, des sikhs, des parsis et des baha’is – ont présidé la cérémonie, tandis que 5’000 personnes ont manifesté pacifiquement devant le Parlement. La journée de manifestation se voulait une «réponse chrétienne» aux récentes violences anti-chrétiennes en Inde. Tour à tour, les différentes communautés ont chanté des hymnes et récité leurs écritures saintes afin de prier pour l’harmonie intercommunautaire.
Campagne de haine dans la presse
«Nous croyons dans le pardon, la prière, l’amour et le service; malgré toutes les formes de provocation, nous voulons rester attachés à la tradition ancienne de l’Inde», a déclaré l’archevêque de New Delhi, Mgr Alan Basil de Lastic. Le président de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI), s’adressant à la foule, l’a exhortée à la patience et au pardon, et à garder la tête froide dans sa réponse à la violence. Mgr Varkey Vithayathil, vice-président de la CBCI, a déclaré que «bien que nous haïssions le mal, nous aimons toujours le pécheur». Les récentes attaques ne devraient en aucune manière détourner les chrétiens de leur mission: «travailler pour les pauvres et les opprimés», a lancé l’archevêque Vithayathil, administrateur apostolique de l’Eglise syro-malabare, fondée selon la tradition par saint Thomas l’Apôtre.
La rencontre de prière a été précédée d’une journée de jeûne à Rajghat, au mausolée de du Mahatma Gandhi, «le père de la nation». Ensuite, une délégation œcuménique conduite par Mgr de Lastic, a interpellé le président indien K. R. Narayanan au sujet de la lenteur de la réponse gouvernementale aux agressions dont sont constamment victimes les minorités chrétiennes en Inde.
Dans un mémorandum au nom des 23 millions de chrétiens indiens, la délégation a pressé le président fédéral de s’adresser au gouvernement national et aux gouvernements des différents Etats afin qu’ils prennent des mesures pour assurer la paix et la tranquillité. L’archevêque de New Delhi a reconnu qu’il y a une accalmie dans les attaques contre les chrétiens ces dix derniers jours, mais la violence verbale continue sans répit. «Nous sommes accusés de faire des conversions forcées – de convertir des populations tribales et même de travailler auprès des lépreux pour les convertir. Si le but du travail social chrétien était conversion, a souligné Mgr de Lastic, la population chrétienne (2,3 % sur 980 millions d’Indiens) devrait croître chaque année de quatre millions d’enfants, pour parler seulement des élèves qui étudient dans les écoles catholiques. Je ne peux pas comprendre cette campagne de haine», a-t-il conclu. (apic/akk/be)
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