Les dissidents réclament la tête de l’archevêque Spyridon

Etats-Unis: Menace de schisme dans l’Eglise grecque-orthodoxe d’Amérique

New York, 23 février 1999 L’archevêque Spyridon, chef de l’Eglise grecque orthodoxe d’Amérique, n’a pas l’intention de quitter son poste. A ceux qui lui reprochent ses « méthodes byzantines et féodales » et qui réclament sa démission, l’archevêque répond que la démocratie politique ne peut pas être appliquée dans l’Eglise. Les dissidents brandissent maintenant la menace de schisme. La tension est très vive au sein de la plus grande Eglise orthodoxe des Etats-Unis qui rassemble 1,5 million de fidèles.

« L’archevêque Spyridon ne va pas démissionner », a affirmé son porte-parole, le Père Mark Arey, à l’agence œcuménique ENI. Ce dernier reconnaît que la controverse a atteint « un point critique ». Mais il ne croit pas à l’éventualité d’un schime, qui entraînerait la formation d’une Eglise grecque-orthodoxe indépendante aux Etats-Unis. Actuellement l’Eglise grecque-orthodoxe d’Amérique est placée sous la juridiction du patriarcat oecuménique de Constantinople. C’est le patriarche Bartholomée Ier qui a nommé en 1996 Mgr Spyridon à la tête de l’Eglise d’Amérique.

« Si le conflit actuel n’était pas réglé, les laïcs grecs-orthodoxes des Etats-Unis pourraient demander au clergé de former une Eglise autonome », répond le porte-parole des opposants, Dean Popps. Regroupés au sein du « GOAL », les opposants critiquent depuis longtemps la façon de gouverner de l’archevêque, lui reprochant d’être coupé de la réalité d’une Amérique multiculturelle, en partie parce qu’il a passé de nombreuses années en Europe avant d’être désigné à la tête de l’archidiocèse en 1996. L’archevêque, âgé de 54 ans, est pourtant originaire de l’Etat d’Ohio aux Etats-Unis. Pour eux le choix de l’archevêque Spyridon était « faux pour l’Amérique » à cause de ses « méthodes byzantines et féodales » contraires à la notion américaine de « prise de décision commune ». Le GOAL évoque en outre la mauvaise gestion des finances de l’Eglise.

Pour Mark Arey, l’archevêque Spyridon tout en étant conscient des réalités particulières des Etats-Unis, ne veut pas que l’Eglise perde contact avec ses racines grecques. Quant aux finances de l’archidiocèse, elles sont équilibrées.

L’affaire secoue également l’épiscopat. En janvier dernier, le patriarche Bartholomée a rejeté l’appel lancé par cinq évêques et métropolites, qui réclamaient le départ de l’archevêque. Il règne dans l’archidiocèse « un climat suffocant de crainte, de suspicion, d’insécurité, de manque de confiance et d’esprit vindicatif », écrivaient-ils dans leur déclaration. Tout en invitant l’archevêque Spyridon à collaborer, le patriarche avait fait remarquer que la démocratie politique ne pouvait pas être appliquée dans l’Eglise.

« Nous voulons regarder en direction du 21e siècle, ce qui n’est pas le cas avec Bartholomée ni avec Spyridon », répond Dean Popps. Les fidèles grecs-orthodoxes des Etats-Unis veulent être « en même temps grecs, orthodoxes et américains ». Et pour cela, il faut des responsables attentifs aux voeux des fidèles.

« La question est de savoir si nous allons travailler d’une façon ecclésiastique ou politique », car il n’y a pas de « façon américaine » d’administrer une Eglise. La force de l’Amérique est précisément de permettre aux Eglises de travailler en conservant leur intégrité ecclésiastique », rétorque le porte-parole de l’archevêque Spyridon. (apic/eni/mp)

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