La société actuelle veut ignorer la mort

Rome : Académie pontificale pour la vie: première journée de travail

Rome, 24 février 1999 (APIC) La société actuelle tend à ignorer la mort et par conséquent à fausser le sens de la vie. Tel est le principal constat à l’issue de la première journée de session de l’Académie pontificale pour la vie, réunie à Rome sur le thème de « la dignité du mourant ».

Le président de l’Académie pour la vie, le professeur Juan de Dios Vial Correa, recteur de l’Université Pontificale du Chili, a ouvert mercredi quatre jours de session au Vatican. La société actuelle « tend à ignorer la mort et, en conséquence, à rendre la vie fausse », a souligné d’emblée Mario Bizzotto, professeur de philosophie. L’homme « est conduit instinctivement à nier la mort et c’est la vie qui l’impose » car elle « revendique l’insouciance et l’oubli ». Pour le professeur italien, les causes en sont « une prédominance de l’artifice, la pression de la civilisation industrielle, la fuite dans l’activité productive, la recherche d’évasion immodérée, comme la confiance dans le progrès technique ».

Ce refus de la mort a des effets psychologiques, notamment « un besoin d’immortalité », relève un autre expert italien Luciano Sandri. Avec pour conséquence de rester dans l’illusion ou, entre d’autres termes, de faire de la mort une « réalité qui ne regarde que les autres » ou qui « reste dans le futur ».

L’euthanasie: une fuite en avant

Pour les personnes mourantes, ce refus de la mort n’est pas seulement l’expression d’une angoisse du patient mais aussi « le conditionnement de la part d’autres membres de la famille ou du personnel soignant », souligne le professeur Sandri. « Une personne qui meurt à l’hôpital, explique-t-il, provoque une émanation d’anxiété profonde et détermine ainsi des attitudes d’évasions, de fuite et détachement en tous genres », sur le personnel soignant en particulier. On assiste ainsi soit à un silence total, « une véritable ’euthanasie’ au niveau relationnel et social », soit à un « activisme technique » pour calmer l’anxiété et cacher les sentiments d’impuissance face à la mort.

En ce sens, conclut le professeur Sandri, « l’euthanasie est une sorte de ’fuite en avant’, une chance ultime de nier la défaite, de sécuriser, de ’contrôler’ la mort en quelque sorte, en déterminant au moins l’heure ».

Le professeur Philippe Schepens, président des médecins belges a quant à lui identifié les stratégies de mouvements qui soutiennent l’euthanasie. Ces derniers, souvent influencés par des personnes individuelles comme Millar, Reed, Atrott ou Humphry utilisent les moyens de communication pour répandre leurs idéologies et agissent surtout par une pression politique pour favoriser une tolérance législative. ePour le professeur Schepens, une stratégie typique de ces mouvements est la publication de sondages d’opinion qui montrent un soutien populaire à l’euthanasie ou bien la dramatisation de certains cas qui ont pour but d’enflammer le débat social sur l’euthanasie. Le résultat est d’affaiblir les convictions de beaucoup et de renforcer l’adhésion de quelques uns.

Le droit à la vie de la personne handicapée

Autre aspect finalement de ce même problème la question du diagnostic prénatal a été abordée par le professeur Gonzalo Herranz, Directeur de Bioétique à l’Université de Navarre en Espagne. Pour cet expert, « il est indispensable de développer une éthique spécifique de la valeur de la vie génétiquement handicapée ». Il propose ainsi, d’une part, l’acceptation de l’erreur génétique comme prix que l’humanité doit payer pour sauvegarder la diversité génétique et l’originalité unique de tout être humain ; d’autre part, la promulgation d’un droit fondamental de chacun, et particulièrement de la personne handicapée, à ne pas être discriminé. (apic/imed/mp)

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