Belgique: L’islam dispose désormais d’une représentation officielle face à l’Etat

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17 musulmans composent «l’Organe chef de culte»

Bruxelles, 26 février 1999 (APIC) Les quelque 320’000 musulmans de Belgique ont désormais leurs représentants officiels aux yeux de l’Etat belge. Dix-sept personnes composeront le nouvel «Organe chef de culte». Les seize premiers membres, choisis parmi 68 personnes élues aux urnes ou cooptées par l’Exécutif provisoire des musulmans, ont été présentés le 25 février par le ministre belge de la Justice, Tony Van Parys.

L’Etat belge, devient ainsi le premier pays européen à organiser auprès de ses autorités la représentation officielle du culte islamique. Depuis juillet 1974 déjà, l’islam est une des religions légalement reconnues en Belgique: il s’est ainsi ajouté aux cultes catholique, protestant, anglican et israélite, n’étant suivi qu’en 1985 par le culte orthodoxe.

«L’Organe chef de culte» qui sera désormais l’interlocuteur officiel de l’islam face à l’Etat pourrait porter ultérieurement un autre nom. Son 17e membre reste à désigner. Les 16 membres déjà connus comprennent 2 femmes et 14 hommes. Ils se répartissent en 5 francophones, 5 néerlandophones et 6 bilingues. Six nationalités sont représentées parmi ces membres: 6 Marocains, 4 Turcs, 3 Belges convertis, 3 autres nationalités.

Une procédure longue et difficile

La désignation des représentants du culte islamique a posé à la Belgique comme à la communauté musulmane de nombreux problèmes. Dès 1989, des élections avaient été organisées à cette fin, mais les autorités belges n’avaient pu les reconnaître. Manque de représentativité, risques d’allégeance à des régimes étrangers, contradiction entre la représentation démocratique et l’absence de représentation par voie hiérarchique au sein de l’islam, risques d’ingérence du pouvoir politique dans les affaires religieuses…: nombre de difficultés ont été soulevées dès cette époque pour reconnaître aux élus l’autorité d’un «Conseil Supérieur des Musulmans».

80% de participation lors du vote des musulmans

La voie choisie a passé finalement par la reconnaissance d’un «Exécutif provisoire des musulmans» et l’organisation, en bonne et due forme, d’un scrutin. Ainsi le 13 décembre, derniers 74’000 électeurs de plus de 18 ans et domiciliés en Belgique depuis au moins un an ont été appelés aux urnes. Avec un taux de participation de 80% cette élection a rencontré un grand succès. 51 noms sont sortis de ce scrutin. 17 autres y ont été ajoutés par cooptation.

Restait à choisir, parmi ces 68 personnes élues ou cooptées, 17 membres pour siéger dans le futur «Organe chef de culte». Cette désignation a été délicate, en raison notamment des réticences de la Sûreté de l’Etat, ainsi que par des voix issues de la communauté musulmane elle-même, face à de possibles relais de revendications islamistes.

La reconnaissance d’une religion implique pour elle des droits et des devoirs. En Belgique, chaque culte peut notamment organiser des cours de religion, dont le programme doit rencontrer les exigences des pouvoirs publics pour revendiquer la rémunération des professeurs par le ministère de l’Education. Une des premières tâches de «l’Organe chef de culte» sera notamment de régler les problèmes qui subsistent en ce domaine afin de supprimer les discriminations entre l’islam et les autres cultes reconnus. (apic/cip/mp)

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