Allemagne: Violente controverse à propos de l’introduction de la pilule abortive RU 486
Bonn/Cologne, 4 janvier 1999 (APIC) La violente controverse à propos de l’introduction probable de la pilule abortive RU 486 se poursuit en Allemagne. Le cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne, s’en est pris au gouvernement du chancelier Gerhard Schröder et nominalement à Christine Bergmann, la ministre sociale-démocrate de la famille. Il lui reproche de propager des instruments de mort.
Dans une contribution à l’édition dominicale du journal «Kölner Express», le cardinal Meisner fustige Christine Bergmann pour avoir déclaré que la pilule abortive était «un médicament utile du point de vue médical». De telles déclarations, affirme-t-il, minimisent «scandaleusement et de façon irresponsable» une telle substance qui ouvre la voie «à la privatisation de la mise à mort d’enfants non encore nés».
Après le gaz Zyklon B, la pilule abortive ?
Le cardinal Meisner a alors fait un parallèle avec les événements de l’époque nazie, en affirmant que ce serait «effectivement une tragédie indicible, si à la fin de ce siècle, l’industrie chimique s’apprêtait une deuxième fois à mettre à disposition en Allemagne un instrument de mort chimique pour un groupe d’humains particulier désigné par la loi». L’archevêque de Cologne s’est toutefois défendu de rapprocher en bloc l’interruption de grossesse du génocide. Et d’affirmer que l’on doit rejeter ce reproche de façon décidée, «parce qu’ainsi on instrumentalise l’holocauste afin d’empêcher une explication publique sur la RU 486».
Dans le conflit sur la pilule abortive «Mifegyne» (RU 486), les fronts se durcissent visiblement en Allemagne. Le cardinal Joachim Meisner n’est d’ailleurs pas le seul à s’en prendre au gouvernement fédéral ainsi qu’aux femmes du SPD, des Verts et du parti libéral FDP qui se sont prononcées en faveur de l’introduction de la RU 486. Lors de leur homélie pour le Nouvel An, de nombreux évêques allemands sont montés au créneau sur le même sujet. Plusieurs d’entre eux ont dénoncé le fait de présenter comme un médicament ce qui est en fait un moyen de tuer et défendu avec vigueur les valeurs du mariage et de la famille menacées par la reconnaissance légale éventuelle des unions de personnes du même sexe.
Le cardinal Friedrich Wetter, archevêque de Munich et Freising, a constaté pour sa part, dans le cadre de la discussion en cours sur la RU 486, des «dangereuses fissures» dans les fondations spirituelles de la société allemande. L’introduction d’une telle substance amènerait à une privatisation complète et à une minimisation de l’avortement, a-t-il ajouté, raison pour laquelle l’Eglise rejette avec une fermeté totale ce moyen abortif. Le cardinal Meisner en a appelé au «courage civique», tandis que Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence des évêques allemands, a demandé aux chrétiens, face aux défis de la société et à la disparition des valeurs communes, de «montrer davantage la couleur». (apic/kna/be)
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