Philippines: L’exécution de Leo Ezchegaray repoussée à juin prochain par la Cour Suprême
Manille, 4 janvier 1999 (APIC) La Cour Suprême des Philippines a repoussé à juin prochain l’exécution de Leo Etchegaray prévue pour ce lundi 4 janvier à la prison de New Bilibid à Manille. Leo Etchegaray, 38 ans, avait été condamné à la peine capitale le 7 septembre 1994 pour avoir violé à plusieurs reprises sa nièce de 10 ans. La sentence avait été confirmée encore le 7 février 1997.
Roberto Olaguer, aumônier de la prison depuis huit ans, a suivi pas à pas ces derniers jours le condamné à mort. Durant la messe du 27 décembre dernier, l’aumônier avait annoncé qu’il avait demandé à Frère Mike Velarde, directeur spirituel du président des Philippines, Joseph Estrada, ainsi qu’à l’acteur Fernando Poe, ami du président, d’intervenir auprès de lui pour demander la suspension de la peine. Les observateurs à Manille se demandent également si la récente demande de Jean Paul II, dans son message de Noël, «d’abolir la peine de mort dans le monde» a pu influencer les juges de Cour Suprême dans leur décision de lundi.
Joseph Estrada avait auparavant répondu négativement à l’appel de Jean Paul II et de l’Union européenne pour un acte de clémence en faveur de Leo Etchegaray, le premier des condamnés à mort à devoir être exécuté depuis qu’en 1994, la peine de mort avait été réintroduite aux Philippines. «Je reste ferme dans ma décision, avait déclaré le président, car je suis sûr que cela servira de leçon à tous ceux qui tenteront de commettre des viols». Aux Philippines, il y a actuellement 696 personnes «dans les bras de la mort». Le président avait encore déclaré qu’il avait refusé la grâce parce que le crime commis par Leo Etchegaray n’avait rien à voir avec la pauvreté. Le Père Silvio Borres, jésuite, membre de la Coalition contre la peine de mort et autre aumônier de New Bilibid, avait rétorqué: «Si c’est la seule raison pour des actes de clémence, alors aucun de ceux qui se trouvent dans ’les bras de la mort’ ne mériteraient la grâce. Je dois encore rencontrer un condamné à mort dont le crime est en rapport avec la pauvreté. Mais ’le bras de la mort’ est rempli de pauvres».
Le 13 octobre dernier, la Cour Suprême des Philippines a déclaré constitutionnelle l’injection mortelle pour exécuter les peines capitales. La dernière exécution aux Philippines a eu lieu en 1976. La nouvelle Constitution, introduite par Corazon Aquino en 1987, abolissait la peine de mort, en commuant les sentences capitales à la détention à vie. La chaise électrique fut alors mise dans un musée. Mais la venue au pouvoir en 1992 du général Fidel Ramos, partisan de la peine de mort, a renversé la situation. En 1994, la peine de mort a été réintroduite à nouveau et une loi de 1996 prévoit que l’exécution se fera par une injection mortelle. (apic/kna/fides/ba)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse