Une campagne qui suscite la haine des étrangers
Berlin/Bonn, 6 janvier 1999 (APIC) Les critiques de l’Eglise catholique d’Allemagne à l’égard des partis de l’Union prennent de l’ampleur. C’est le projet de récolte de signatures de la CDU/CSU contre le projet gouvernemental de double nationalité pour les étrangers qui a suscité son courroux. Les partis démocrate-chrétien CDU et chrétien social bavarois CSU sont accusés de « dérapage » et de faire une « campagne populiste » sur le dos des étrangers.
Le mouvement pour la paix « Pax Christi » a été parmi les premiers à réagir, reprochant aux partis de l’Union de susciter la haine de l’étranger. Le bureau régional de Pax Christi pour les diocèses d’Osnabrück et de Hambourg a estimé qu’il était honteux de lancer cette action le 24 janvier, trois jours avant la Journée nationale des victimes du nazisme. Une telle campagne en vient presque à légitimer le nombre effroyablement élevé d’agressions racistes et antisémites de l’extrême-droite qui ont eu lieu ces dernières années, dénonce le mouvement catholique.
L’archevêché de Berlin a également déploré que cette campagne de l’opposition démocrate-chrétienne – qui ne fait pas l’unanimité dans ses propres rangs – sème la xénophobie. Sœur Cornelia Bührle, chargée des questions de migration à l’archevêché de Berlin, a relevé que cette campagne donnait l’impression qu’il n’existait pas jusqu’à présent en Allemagne de possibilités pour la double nationalité.
La religieuse reproche aux partis de l’Union – visiblement déboussolés par leur défaite retentissante de l’automne dernier – de mener « un simulacre de guerre », car il ne s’agit pas pour elle ici de la double nationalité, mais de la politique à l’égard de la Turquie et des Kurdes de l’Allemagne, de l’Europe et de l’OTAN. « Cela devrait aussi être clairement dit », a-t-elle ajouté. Sœur Cornelia Bührle en appelle à un débat objectif et nuancé sur l’Allemagne en tant que pays d’immigration. (apic/kna/be)
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