Emprisonné pour « sabotage » et « torturé sexuellement »
Pékin, 7 janvier 1999 (APIC) Un prêtre clandestin chinois « officiellement inexistant », le Père Li Qinghua, âgé de 31 ans, a été libéré en décembre dernier déjà, a annoncé jeudi à Pékin le Ministère chinois des Affaires étrangères. Mardi, un porte-parole de la police du district de Yixian et un responsable du Bureau des Affaires religieuses de la ville de Baoding niaient encore en chœur l’existence d’un prêtre du nom de Li Quinghua, détenu dans le Hebei, la province entourant Pékin. L’agence vaticane FIDES révélait lundi que le prêtre emprisonné subissait des « tortures sexuelles ».
« Il n’y a personne de ce nom ni parmi les ecclésiastiques reconnus par l’Etat ni parmi les prêtres clandestins », affirmaient la police et le Bureau des Affaires religieuses. En outre, précisaient-ils, il est quasiment impossible de changer les convictions de dissidents religieux avec l’aide de prostituées. Le responsable du Bureau des Affaires religieuses de Baoding affirmait que « même si elles ne les approuvent pas, les autorités respectent les croyances des prêtres clandestins », c’est-à-dire non enregistrés officiellement. Jeudi, Pékin a précisé que le prêtre, arrêté pour « sabotage », a été libéré une semaine après, parce que son infraction n’était pas grave et qu’il avait avoué sa faute.
Accusations de tortures sexuelles formellement démenties
Les autorités chinoises étaient montées au créneau mardi pour démentir formellement les informations publiées la veille par l’agence vaticane FIDES selon lesquelles la police chinoise utilise des prostituées pour « faire chanter » les prêtres dissidents. Selon des informations publiées le 4 janvier par FIDES, une « unité spéciale de la police » chercherait ainsi à compromettre les prêtres clandestins pour qu’ils rejoignent les rangs de l’Association Patriotique des Catholiques de Chine, une organisation contrôlée par les autorités communistes.
Selon FIDES, le Père Li Qinghua, un prêtre du diocèse de Yixian, dans la province du Hebei, a été soumis à une série d’interrogatoires et de tortures physiques et psychologiques par une « unité spéciale » formée d’hommes et de femmes. Le Père Li Qinghua, membre de « l’Eglise clandestine » non reconnue officiellement, était détenu depuis le 29 novembre dernier dans le district de Xushui, près de Baoding.
D’après les informations parvenues à FIDES, « le personnel féminin est constitué de prostituées qui cherchent par tous les moyens à avoir des rapports intimes avec le prêtre. » Une caméra vidéo installée à l’intérieur de la prison filme tout ce qui se passe pour accumuler du matériel qui sera utilisé pour faire chanter le prêtre, lui faire confesser ses rapports avec d’autres prêtres de l’Eglise des catacombes et le contraindre à s’inscrire à l’Association Patriotique. FIDES affirme que d’autres prêtres ont subi le même traitement durant ces derniers mois. Le Ministère chinois des Affaires étrangères a rejeté jeudi les accusations de « certains méédias étrangers » alléguant des violences sexuelles contre le prêtre durant sa détention. (apic/kna/be)
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