Projet de constitution pour l’Eglise catholique

Liechtenstein : 9e Conférence du Réseau européen pour une Église en liberté

Vaduz, 7 janvier 1999 (APIC) La 9e Conférence annuelle du «Réseau européen pour une Eglise en liberté» (REEL) et la 10e «Conférence européenne pour les droits et libertés dans l’Église» (CEDLE) se sont cloturées dimanche à Schaan, au Liechtenstein. Une quarantaine de participants venus de douze pays d’Europe et des Etats-Unis, représentant une vingtaine de mouvements et organisations progressistes ont planché durant quatre jours sur l’avenir qu’ils souhaitent pour l’Eglise.

Les participants ont surtout développé un projet de constitution de l’Eglise, élaboré par des réseaux américains, qu’ils comptent remettre au président du prochain Synode des évêques pour l’Europe qui doit se tenir cet automne à Rome. S’inspirant des principes démocratiques, ce projet de texte-cadre pour le gouvernement de l’Église préconise entre autres une séparation des pouvoirs entre le pape (qui serait élu pour un unique mandat de dix ans) ; un concile général, composé 500 membres, dont des laïcs, doté d’un pouvoir sur les questions doctrinales, morales, sociales, financières, organisationnelles, etc. ; et un «tribunal suprême» compétent pour arbitrer «disputes» en dernier recours. Le projet imagine le même type d’organisation dans les structures inférieures de l’Église. Au nom du principe de subsidiarité, les décisions seraient prises au niveau de gouvernement le plus bas possible.

Le document affirme également le droit au désaccord public avec l’enseignement de l’Église, au remariage des divorcés, au libre choix du célibat pour les prêtres, et à l’accès à tous les niveaux de pouvoir dans l’Église pour les femmes. Les particpants saluent en particulier les initiatives allemandes pour former des femmes en vue du dioconat et du sacerdoce.

Quatre des participants ont en outre été reçus au secrétariat du Conseil des Conférences épiscopales européennes à St-Gall. Au cours d’un entretien de trois heures avec le secrétaire général Mgr Aldo Giordano, les représentants des groupes progressistes ont pu développer leurs arguments. La rencontre a été très amicale, précise-t-on des deux côtés.

Pas de manif devant la Banque du Liechtenstein

Autre thème de réflexion: les relations entre Eglise et Capital: «Vous ne pouvez pas servir Dieu et Mammon», des chretiens ne peuvent pas être capitalistes, estiment les participants. Et de demander des enquêtes pour clarifier l’origine des ressources financières des Eglises locales, leur gestion et leur utilisation. La manifestation prévue devant le siège de la Banque du Liechtenstein n’a cependant pas eu lieu. Les organisateurs de la rencontre sont parvenus à persuader les participants qu’une telle démarche n’appartenait pas aux méthodes de protestation en usage au Liechtenstein. En lieu et place, une lettre a été adressée à la direction. Elle critique le fait que l’archidiocèse de Cologne, le plus riche du monde confie à cette banque des millions de marks sans imposer de critères éthiques.

Les fossés se creusent dans l’archidiocèse de Vaduz

Vendredi, les délégués ont suivi un exposé sur l’évolution de la situation dans l’archidiocèse de Vaduz depuis sa création il y a un an et la nommination à sa tête du très contesté évêque de Coire Mgr Wolfgang Haas. Pour Robert Allgauer, président de l’Association pour une Eglise ouverte, la création d’un archidiocèse et sa séparation d’avec Coire a creusé un fossé dans la population et influence profondément le domaine social. Des structures bien développées ont été dissoutes par Mgr Haas et leurs activités ont été confiées à l’Etat ou à des organismes privés. L’association pour une Eglise ouverte au Liechtenstein a néanmoins décidé de ne pas rejoindre formellement le Réseau européen pour une Eglise en liberté. On préfère attendre afin de mieux connaître le Réseau, précise-t-on.

La Conférence européenne pour les droits et les libertés dans l’Église a tenu sa première rencontre en 1990 aux Pays-Bas. Elle a rejoint en 1995 le Réseau européen pour une Église en liberté, fondé en 1991 en Allemagne. Selon sa charte, le Réseau est né du rapprochement de groupes «partageant la vision d’une Église catholique (c’est-à-dire universelle et n’excluant pas), oecuménique, prophétique, solidaire, aimante et marchant dans la voie de Jésus le libérateur «. Il agit à l’intérieur de l’Église, dont il se déclare partie intégrante, et travaille pour son renouveau et sa réforme. (apic/cip/wm/mp)

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