Oui aux greffes d’organes

Suisse: Les évêques suisses pour l’article constitutionnel sur la médecine de transplantation

Fribourg, 11 janvier 1999 (APIC) Les grandes Eglises suisses encouragent le don d’organes qui peut sauver de nombreuses vies. A l’instar de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS), la Conférence des évêques suisses (CES) soutient elle aussi l’article constitutionnel sur la médecine de transplantation qui sera soumis au vote du peuple suisse le 7 février prochain.

Le projet d’article statue sur la compétence de la Confédération dans le domaine des greffes d’organes d’origine humaine ou animale. Il entend également fixer les principes éthiques et juridiques qui sont à la base d’une législation future dans le secteur de la pratique médicale.

Avec l’acceptation de cet article, il sera désormais possible d’unifier, sur le plan suisse, la réglementation en matière de médecine moderne, constate la CES. Aujourd’hui, il existe une situation insatisfaisante puisque chaque canton dispose d’une réglementation propre. « Le moment est donc venu de se donner des règles communes à la hauteur d’une technique en pleine évolution et qui s’organise au-delà des frontières, non seulement cantonales, mais aussi nationales », renchérit pour sa part dans le dernier numéro de la revue jésuite « Choisir » (N° 469, janvier 1999), le professeur Alberto Bondolfi, chercheur et enseignant en éthique à l’Institut d’éthique sociale de l’Université de Zurich.

L’éthicien tessinois rappelle que par le biais d’Eurotransplant, les médecins européens disposent d’un instrument opérationnel « qui touche toute l’Union Européenne et qui ne peut se permettre d’ignorer la Suisse, pays particulièrement compétent dans ce domaine ». Sur le plan juridique, le Conseil de l’Europe œuvre depuis plusieurs années à une harmonisation des législations nationales sur ce plan.

La Suisse doit donc se rallier à une doctrine européenne commune dans le domaine des greffes d’organes, qui a notamment pour but d’éviter d’éventuels dérapages de la médecine des greffes. Mais avant cela, il faut que compétence en soit formellement donnée à la Confédération. En effet, il faut rappeler qu’en principe presque tout ce qui relève du domaine de la santé est du ressort des cantons.

La médecine de transplantation peut sauver de nombreuses vies

« La médecine de transplantation peut sauver de nombreuses vies ou améliorer sensiblement la qualité de ces dernières. Il s’agit donc de saluer les possibilités qu’offre cette technique médicale de pointe. Il est cependant indispensable de respecter, au moment d’établir des règles juridiques, les principes éthiques fondamentaux comme ils sont énoncés au chapitre 3 de l’étude « Éthique chrétienne et médecine moderne » de la Commission « Justice et Paix » de la Conférence des évêques suisses (CES) », écrivent les évêques dans un communiqué publié lundi.

Ces principes fondamentaux concernent notamment les questions qui touchent à l’image de l’être humain et aux droits de la personnalité (critères qui fixent à quel moment un être humain est mort, à quel moment on peut lui prélever un organe); il s’agit en outre de questions touchant à la justice et au bon comportement dans les situations de dilemme (critères qui fixent le mode de répartition des organes); à plus longue échéance, il faudra faire face aussi aux questions de la dignité de la créature non humaine et des risques à éviter (critères concernant la xénotransplantation).

Au-delà de la votation du 7 février 1999 et dans le but de contribuer à soulager le problème du manque d’organes disponibles, les évêques suisses invitent tout un chacun à se poser la question : « Suis-je moi-même disposé à mettre mes organes à disposition ? » (apic/ces/chois/be)

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