Rome: Le corps diplomatique reçu par Jean Paul II
Rome, 11 janvier 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II a reçu lundi en fin de matinée les membres du corps diplomatique accrédités auprès le Saint-Siège. Violation de la liberté de religion, en particulier dans certaines régions islamiques, tensions dans les Balkans et violence en Afrique… le pape a fait un large tour d’horizon des problèmes actuels. On n’oubliant pas d’insister sur l’urgence de résoudre la question du statut de Jérusalem et sur la crise survenue récemment en Irak, qui a montré encore une fois que la guerre ne résout pas les problèmes.
Au nom des ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège, le Doyen du corps diplomatique, l’ambassadeur de la République de Saint-Marin, a transmis au pape le souhait des 171 ambassadeurs de voir le pape se rendre prochainement à Jérusalem « pour échanger le salut de la paix avec les juifs, les chrétiens et les musulmans ». Le Doyen des ambassadeurs a encore remercié le pape au nom de tous pour son « engagement inlassable en faveur de l’humanité entière » et lui a fait part des « espoirs » que de nombreux pays placent en lui pour la solution de leurs problèmes.
Pour la dernière année du 20e siècle « un sursaut de la conscience s’impose », a notamment déclaré le pape en recevant devant les membres du corps diplomatique, à l’occasion des vœux traditionnels pour la nouvelle année. Pour le pape, un constat s’impose: si les normes et les conventions sont nombreuses aujourd’hui au sein de la communauté internationale, il manque cependant aujourd’hui « la volonté de les respecter et de les appliquer ».
Illustrant son propos, le pape a mentionné les « trop nombreuses violations de la liberté de religion » notamment dans des régions où l’islam est majoritaire. « Il est même un pays où le culte chrétien est totalement interdit, et où posséder une Bible est un crime punissable par loi », a-t-il précisé, sans toutefois mentionner le nom du pays (ndlr: l’Arabie Saoudite). Jean Paul II a également fait allusion à « quelques pays de l’Europe centrale et orientale où le pluralisme religieux n’est pas reconnu ».
A propos de la « grande instabilité » de la région des Balkans, le pape a déploré les « tensions sociales » qui persistent dans les rapports inter-ethniques en Bosnie-Herzégovine, et les affrontements meurtriers du Kosovo. « Tout doit être fait pour aider Kosovars et Serbes à se retrouver autour d’une table afin de remédier sans tarder à la méfiance armée », a-t-il insisté, en faisant remarquer que « l’Albanie et la Macédoine seraient les premières à en bénéficier ».
Statut de Jérusalem: urgenceeAbordant ensuite le « parcours accidenté » du processus de paix engagé au Moyen-Orient, Jean Paul II a insisté sur l’urgence de résoudre la question du statut de Jérusalem. « La crise survenue récemment en Irak a montré encore une fois que la guerre ne résout pas les problèmes », a-t-il également tenu à souligné. Pour Jean Paul II, un Moyen-Orient stable contribuerait efficacement à redonner espoir à beaucoup de peuples, et notamment aux populations d’Algérie, de l’île de Chypre et du Sri Lanka.
Essais nucléaires condamnés
Autre condamnation de la part du pape: celle de « la légitimation et l’utilisation des armements à des fins politiques », et notamment des essais nucléaires récemment réalisés en Asie. Regrettant aussi la production des mines antipersonnel et des armes de petit calibre, Jean Paul II s’est réjoui à ce sujet de la Convention d’Ottawa de décembre 1997, ratifiée l’année dernière par le Saint-Siège.
A propos de la crise financière en Asie, le pape a dénoncé les risques provenant d’une « croissance économique artificielle ». La sécurité économique, a-t-il dit, « requiert transparence et concertation », ainsi que « le respect de certains repères éthiques ».
Abordant des points plus positifs de l’année 1998, Jean Paul II s’est dit heureux de l’accord du Vendredi-Saint en Irlande et du processus de paix engagé au pays basque, de l’accord entre l’Equateur et le Pérou, en octobre dernier, et de l’engagement du dialogue entre la Chine et Taïwan.
Concernant l’Europe enfin, il a exprimé le désir que le passage à la monnaie unique offre au continent « la possibilité de devenir de plus en plus une communauté de destin, une véritable ’communauté européenne ». Jean Paul II a insisté à ce sujet sur le rôle du christianisme dans ce domaine, notamment pour faire face aux problèmes sociaux « qui maintiennent de larges franges de populations dans la pauvreté », aux inégalités sociales, « ferment d’instabilité chronique », et aux jeunes générations qui sont « à la recherche de références dans un monde souvent incohérent ».
Sierra Leone: Plus de 2’500 enfants combattent dans les deux camps
L’UNICEF dénonce le recrutement croissant d’enfants soldats
Freetown,11 janvier 1999 (APIC) Selon le Fonds des Nations Unies de secours d’urgence à l’enfance (UNICEF) plus de 2’500 enfants combattent en Sierra Leone, enrôlés dans les troupes gouvernementales ou dans l’armée rebelle.
Lors d’un communiqué publié lundi à Cologne en Allemagne, l’UNICEF déplore cette recrudescence de l’enrôlement d’enfants soldats. L’an dernier l’UNICEF était intervenue en réussissant à libérer 350 enfants recrutés de force. En novembre 98, les deux parties en conflit avaient pourtant assuré que depuis juillet, ils n’avaient procédé à aucun recrutement d’enfants.
Les œuvres qui défendent les droits de l’homme, entre autres, Amnysty International (AI) et Terre des Hommes, avaient dénoncé l’an dernier l’utilisation grandissante d’enfants pour des buts stratégiques dans les guerres et spécialement dans les guerres civiles. Au cours des deux dernières années, on compte environ deux millions de jeunes des deux sexes tués dans des conflits armés. Six millions d’enfants ont été blessés ou handicapés àà vie. Dix autres millions sont traumatisés durablement. (apic/kna/ba)
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