Nonces trop près du pouvoir?

Si l’ancien nonce au Mexique, Mgr Girolamo Prigione, a été l’artisan du rétablissement des relations entre le Mexique et le Saint-Siège, en 1992, il passe aussi pour être à l’origine de frictions entre les communautés de base du pays et la hiérarchie de l’Eglise. Proche de l’ancien président Salinas pourtant impliqué dans des affaires de corruption liées au trafic de drogue, le nonce était appelé PRI-gione par nombre de Mexicains en raison de ses bonnes relations avec le PRI. Personnage contesté, il avait convoqué le 25 octobre 1993 Mgr Samuel Ruiz pour lui signifier en six points la condamnation de sa pastorale et l’inviter à signer « de son plein gré » une lettre de démission. Sa tentative avait échoué, comme avait échoué la précédente, à savoir mettre sous pression un autre évêque engagé aux côtés des pauvres et des Indiens, Mgr Arturo Lona Reyes, évêque de Tehuantepec, dans la province d’Oaxaca, au sud-est du pays. Mgr Mullor Garcia, successeur de Mgr Prigione nommé en 1997, a du reste repris à son compte les pressions exercées par son prédécesseur à l’égard de l’évêque d’Oaxaca. L’an dernier, ce dernier a en effet été invité à signer sa démission. Le conflit entre les deux hommes semble aujourd’hui réglé, à l’heure où une autre querelle divise les catholiques et la société de ce pays. Dans une récente déclaration publique, le cardinal Juan Sandoval jetait de l’huile sur le feu, en mettant sur le compte des zapatistes le manque de développement économique et social du Chiapas. (apic/pr)

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