Leur but: « saper les bases de l’Islam »
Banjul/Dakar, 26 janvier (APIC) « Les mutilations génitales féminines sont partie intégrante de notre culture », a dééclaré le chef de l’Etat gambien. Le colonel Yaya Jammeh a précisé que « Les hommes et femmes qui militent pour l’éradication de l’excision, pratique vieille de 2.000 ans, sont des ennemis de l’islam ».
Le président gambien dont les propos ont été rapportés lundi par l’agence de presse panafricaine (PANA), a déclaré, lors d’une rencontre avec les chefs religieux de son pays venus lui présenter ses vœux à l’occasion de la fin du ramadan, que la « seule préoccupation de ces défenseurs de l’intégrité des femmes est de saper les bases de l’islam ». « Nous ne devons jamais permettre à qui que se soit de nous dicter la façon dont nous devons nous comporter », a-t-il ajouté.
Le chef de l’Etat gambien, ancien chrétien reconverti à l’islam, a reproché aux Occidentaux « d’investir d’importantes ressources dans la campagne pour l’élimination de l’excisions. Pendant ce temps, ils ferment les yeux sur un autre fléau de la société africaine: la dépigmentation de la peau. Une pratique pourtant nuisible à la santé de l femme ». Il a affirmé que jamais son gouvernement ne prendrait de mesures bannissant l’excision.
Les déclarations du colonel Jammeh ont eu lieu une semaine après l’adoption par le parlement du Sénégal voisin, d’une loi controversée sur l’interdiction des mutilations sexuelles. Elles prennent, en outre, le contre pied des déclarations du directeur régional de l’Organisation mondial de la santé en Afrique, le Dr Ibrahim Malick Samba,. Ce haut responsable onusien, d’origine gambienne, a lancé un appel au gouvernement de son pays pour interdire la pratique des mutilations sexuelles.
Réagissant au discours du président Jammeh, le Comité gambien de lutte contre les pratiques traditionnelles nocives (CGLPN) s’est déclaré déçu tout en soulignant le caractère rétrograde de l’excision.
« Le moment est venu pour le gouvernement de nous dire ce qu’il en est aujourd’hui des protocoles et accords signés avec plusieurs agences des Nations-Unies dans le but d’éliminer les mutilations sexuelles », a déclaré àà la PANA une responsable du CGLPN. (apic/ibc/ab)
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