Sierra Leone: Seules deux des six religieuses de Mère Teresa enlevées encore en vie
Madrid, 28 janvier 1999 (APIC) Seules deux des six religieuses de Mère Teresa enlevées par des rebelles le 14 janvier à la mission du quartier de Kissy, à l’est de Freetown, sont encore en vie, annonce jeudi le quotidien madrilène «El Mundo» sur la base du témoignage de son envoyé spécial Javier Espinosa. Ce dernier, séquestré lundi par les miliciens du Conseil Révolutionnaire des Forces Armées (AFRC), a été libéré mercredi.
Javier Espinosa est resté plus de 50 heures détenu par un groupe d’ex-membres de l’armée de la Sierra Leone, alliés aux rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) de Sam Bokarie, alias «commandant Mosquito», qui se battent contre les troupes de l’Ecomog. Durant sa détention, qu’il partageait avec une douzaine d’otages, – dont deux religieuses de Mère Teresa – l’envoyé spécial du quotidien madrilène a appris que les religieuses avaient été tuées dans les combats. Selon le colonel rebelle AK Sesai, elles seraient mortes «dans des circonstances que nous n’aurions jamais voulues».
Une religieuse abattue par les rebelles
Une des religieuses originaire de l’Etat indien du Kerala, Sœur Aloysius Maria, a été abattue par les rebelles vendredi dernier lors d’une évacuation précipitée d’un camp, dans des circonstances de grande confusion. Un prêtre italien, le missionnaire xavérien Girolamo Pistoni, avait été seulement blessé quand les rebelles en fuite décidèrent de se débarrasser de leurs otages.
Le journaliste espagnol rapporte que selon d’un des chefs rebelles, deux autres religieuses sont mortes durant les affrontements avec le corps expéditionnaire africain de l’Ecomog. Elles ont été enterrées dans les montagnes, a assuré l’officier rebelle. Parmi les personnes séquestrées se trouve également «un homme blanc», vraisemblablement l’un des missionnaires qui se trouvent toujours aux mains des guérilleros (peut-être le xavérien italien, Frère Zambiasi, ndr.), ainsi que plusieurs Indiens et un Pakistanais. Les rebelles ont assuré qu’ils étaient prêts à «tuer immédiatement» les deux religieuses survivantes en cas de nouveaux bombardements. L’une d’entre elles, rapporte l’envoyé spécial d’»El Mundo», était allongée sur un lit et elle est très probablement malade. (apic/el mundo/be)
Suisse alémanique: Lettre ouverte de théologiennes à Mgr Koch, évêque de Bâle
Controverses sur la «solution des délais»
Aarau, 28 janvier 199 (APIC) Vouloir la dépénalisation de l’avortement ne signifie pas l’encourager ou l’approuver, affirment quatre théologiennes catholiques de Suisse alémanique. Dans une lettre ouverte, elles réagissent vivement à la position de Mgr Kurt Koch sur l’interruption de grossesse. Dans une récente contribution aux bulletins de paroisse alémaniques, l’évêque de Bâle rejetait fermement la «solution des délais» proposée pour régler les problèmes d’avortement et déplorait qu’aujourd’hui, les autos sont mieux protégées que les enfants à naître et les mourants.
Mgr Koch estime que cette solution est une «capitulation de l’Etat» face à l’une de ses principales responsabilités, la protection de la vie, et que d’autre part elle ne favorise pas le nécessaire développement d’une politique familiale et sociale juste. L’évêque de Bâle est clair: «Du point de vue de l’éthique chrétienne, la ’solution des délais’ sur laquelle peuple suisse sera appelé à se prononcer ne mérite pas le terme de ’solution’». Il conteste également qu’une telle législation puisse réduire le nombre d’avortements.
Les quatre signataires – Regula Haag et Regula Strobel, respectivement du Bureau de la condition féminine de l’Eglise catholique d’Argovie et de Bienne, ainsi que Li Hangartner et Silvia Strahm Bernet, qui occupent le même poste dans l’association œcuménique Femmes et Eglise à Lucerne – estiment qu’il ne faut pas fermer les yeux: l’interruption de grossesse est une réalité dans notre société. «En tant que chrétiennes et théologiennes, nous partons du principe fondamental que toute vie vient de Dieu. Cette conviction de foi peut aider à dire oui à une grossesse non souhaitée et non voulue, mais elle ne doit pas être utilisée comme critère socio-éthique pour des décisions socio-politiques dans une société séculière».
Les théologiennes reprochent à Mgr Koch de sous-entendre que les opposants aux peines comminatoires en cas d’avortement ont un mépris général du droit à la vie du fœtus et prônent le droit de disposer à volonté de la vie à naître. «On confond là légalité et moralité», insistent-elles, en soulignant avec force qu’avec une libéralisation du droit pénal existant, l’interruption de grossesse n’est pas pour autant justifiée. Le oui à la «solution des délais» n’est pas, à leurs yeux, un jugement éthique – comme l’entend Mgr Koch -, «mais une décision politico-juridique pragmatique» qui ne signifie en rien encouragement ou approbation de l’interruption de grossesse.
«La solution légale la moins arbitraire»
Les signataires relèvent que les dispositions juridiques actuelles en la matière n’ont pas apporté la solution, car elles n’ont pas contribué de façon décisive à la protection de la vie à naître ni conduit à une unification de la pratique de l’interruption de grossesse en Suisse. La réalité juridique actuelle est caractérisée par un fossé croissant entre la loi et la pratique, l’inégalité en face de la loi et l’insécurité du droit. D’autre part, elles affirment que d’après l’expérience suisse et internationale, les lois restrictives en la matière sont inaptes à protéger la vie. La comparaison du droit au niveau international montre que d’autres mesures que les dispositions pénales – la prévention, les mesures en faveur de la famille et de politique sociale – sont bien plus efficaces pour faire baisser le nombre des avortements. Finalement, les signataires estiment que la «solution des délais» est «la solution légale la moins arbitraire». L’article de Mgr Koch dans les bulletins de paroisse alémanique avait suscité de vives réactions dans les milieux féministes. (apic/wm/job/be)
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