Fortaleza: Trois professeurs de l’Institut de théologie pastorale démis de leur fonction
Fortaleza, 28 janvier 1999 (APIC) Les évêques de l’Etat du Ceara au Brésil ont démis de leurs fonction trois professeurs de l’Institut théologique pastoral (ITEP) parce qu’ils sont des prêtres mariés. La décision a été communiquée par la Commission des évêques qui forment le Conseil supérieur de l’Institut. Cette décision est prise pratiquement après l’annonce de la nomination par Rome du nouvel archevêque de Fortaleza, Mgr José Antônio Aparecido Tosi Marques.
Lauro Nogueira Sa Motta et Jan Gerard Reegan, enseignent à l’Institut depuis 1975 et Miguel Arcanjo Brandao, y donne des cours depuis 5 ans.
La décision des évêques du Ceara cause un grand malaise dans les divers secteurs de l’archidiocèse de Fortaleza. Ils se mobilisent pour que la décision soit reconsidérée. D’autant plus que l’ancien archevêque de Fortaleza, le cardinal Aloisio Lorscheider, contre l’avis de Rome, avait maintenu les professeurs contestés dans leur fonction.
Les professeurs démis ont expliqué, lors d’une conférence de presse, que leur présence à l’Institut théologique pastoral est désormais considérée «comme préjudiciable à la formation des séminaristes», sans qu’aucune évaluation de leur travail professionnel n’ait été faite.
Ils ont révélé qu’en 1990, le cardinal Aloisio Lorscheider avait reçu une lettre signée par le Préfet de la Congrégation pour l’Education catholique, des Séminaires et des Institutions d’enseignement, le cardinal Pio Laghi, se plaignant d’une série d’irrégularités admises à l’ITEP, entre autres la présence de prêtres mariés parmi le corps professoral. La Congrégation souhaitait que ces derniers soient immédiatement exclus de l’Institut car «ils ne pouvaient donner un témoignage valable aux séminaristes».
A l’époque, tous les élèves de l’Institut avaient été consultés sur le sujet. Sur 113 réponses, 7 seulement étaient d’accord avec la vision de Rome. Devant le résultat de cette consultation, le cardinal Aloisio Lorscheider avait alors pris la décision de maintenir les prêtres mariés à l ’ITEP, après avoir aussi consulté les évêques du Régional Nordeste I de la CNBB, qui englobe tous les diocèses de l’Etat du Ceara.
Les trois professeurs mis en cause s’étonnent qu’après un temps si long voué à leur enseignement et sans qu’aucune lettre ou orientation nouvelle ne soit venue de Rome, leur démission leur soit signifiée immédiatement. Selon les informations d’un des professeurs, Lauro Motta, le nonce apostolique au Brésil, Mgr Alfio Rapisarda aurait fait de nouvelles pressions lors de sa visite à Fortaleza en exigeant qu’une décision soit prise avant la venue du nouvel archevêque.
«Nous n’avons pas été excommuniés»
Les trois professeurs affirment accepter cette mise à l’écart par leurs employeurs. Ils ne sont cependant pas d’accord avec les motifs invoqués: «On nous applique une marque, une sorte de sceau infamant «prêtre marié», considéré comme préjudiciable à l’Eglise et appliquée indistinctement, sans examen des situations locales, régionales et surtout personnelles. Une telle attitude nous paraît injuste et même anti-évangélique. «Nous avons été dispensés du célibat et suspendus du ministère sacerdotal, mais nous n’avons pas été excommuniés. Nous faisons partie aussi de l’Eglise. Nous avons le devoir et le droit de montrer notre appartenance à l’Eglise catholique. Etre professeurs est notre manière de la servir et de l’aimer».
Le cardinal Lorscheider, actuellement archevêque d’Aparecida dans l’Etat de Sao Paulo, a refusé de se prononcer officiellement sur la controverse qui secoue son ancien archidiocèse. Mais informellement, à travers un téléphone à l’un de ses amis du Ceara, il aurait dit son sentiment intime en affirmant qu’il s’agissait là «d’un immense gâchis» (apic/plp/ba)
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