Inde: Eglises détruites, prêtres attaqués et maltraités
Inde, 1er décembre 2000 (APIC) Eglises détruites, prêtres attaqués et maltraités: les évêques de New Dehli demandent aux parlementaires chrétiens de présenter une interpellation officielle au parlement de l’Inde, pour discuter de la violence à l’encontre de l’Eglise.
Une nouvelle flambée de violences s’est déclarée contre la communauté catholique indienne. Dans plusieurs Etats de l’Inde, des églises ont été détruites, des religieuses ont été menacées, des prêtres ont été attaqués et maltraités. D’après le père Dominic Emmanuel, porte-parole de la Conférence épiscopale, les violences commises ne peuvent rester cachées. « Le pays doit s’interroger sur les raisons de cette violence, au moment où le parlement est réuni pour la session d’hiver ». Les évêques ont demandé aux parlementaires chrétiens de présenter une interpellation officielle, pour discuter de cette question durant les travaux du Parlement.
L’épisode le plus grave s’est passé au Madhya Pradesh: Le père Peter Alphonse, un prêtre de 64 ans, a été victime d’une agression à une heure du matin, dans la nuit du 28 novembre. D’après ce qu’a rapporté à Fides Mgr Joseph Kaithathara, évêque de Gwalior, un groupe d’hommes a pénétré dans son habitation, l’a roué de coups avec des bâtons de bois et de métal. Le prêtre a de nombreuses fractures aux bras et aux jambes et a eu cinq dents cassées. Il est actuellement hospitalisé à l’hôpital de Gwalior, et les médecins ont réservé leur pronostic. Le Père Alphonse travaillait dans le domaine de l’éducation, et il exerçait son service dans les orphelinats, en donnant des cours aux enfants des castes les plus basses.
Deux jours auparavant, dans l’Etat d’Uttar Pradesh, une poignée d’hommes s’est livrée à des actes de vandalisme dans le couvent Sainte-Marie à Jwalapur, dans le Diocèse de Meerut. « Trois hommes ont frappé à la porte du couvent et ont fait irruption dans le dortoir des religieuses, raconte Mgr Oswald Lewis, évêque coadjuteur de Meerut. Les religieuses ont tenté de se cacher, mais elles ont bien vite été découvertes par les brigands, et contraintes à remettre leur argent et leurs objets de valeur « .
Il y eut également des violences dans le district de Kola, dans l’Etat de Karnataka: une centaine d’intéégristes ont attaqué les chrétiens de l’endroit, et les ont accusés de répandre des publications qui incitent à la conversion. Dans l’Etat de Gujarat, les chrétiens sont victimes de violences. Dans la nuit du 26 novembre, une chapelle du district de Surqat a été détruite. C’est là que se réunit habituellement pour prier une communauté catholique d’une centaines de personnes. Les responsables religieux ont demandé la protection de la police.
En 2 ans plus de 200 incidents violents
Ces deux dernières années, on a relevé en Inde plus de 200 incidents violents contre des personnes ou contre des institutions chrétiennes. Les groupes extrémistes hindous justifient les attaques contre les minorités chrétiennes et musulmanes, en les accusant de vouloir changer l’ordre social, et de travailler contre les intérêts du pays. Partisans du Parti du gouvernement indien, le Bharatiya Janata Party (BJP), ils demandent l’expulsion des missionnaires de l’Inde, et la nationalisation des églises chrétiennes, à l’exemple du modèl chinois.
Sur une population d’un milliard d’habitants, de religion hindoue en majorité, l’Inde compte 17 millions de catholiques (1,7%), alors que le nombre global des chrétiens représente 2,5% de la population. (apic/fides/vb/pr)
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