Maryknoll: Commémoration des soeurs tuées au Salvador
New York, 4 décembre 2000 (APIC) Les religieuses de Maryknoll ont célébré samedi 2 décembre à New York le 20e anniversaire de l’assassinat au Salvador de deux consoeurs, d’une soeur ursuline et d’une missionnaire laïque.
La commémoration de ces >, ajoutent les Missionnaires de Maryknoll, qui se disent >.
Les quatre femmes furent arrêtées par des hommes de la Garde nationale du Salvador, violentées et tuées le 2 décembre 1980. Les militaires responsables du crime ne furent arrêtés, jugés et condamnés à 30 ans de prison que quatre ans plus tard, après avoir dénoncé comme auteurs du crime l’ancien ministre de la défense et l’ancien directeur de la Garde Nationale. Ces deux derniers, réfugiés aux Etats-Unis depuis 1989, ont été lavés des accusations relatives à l’homicide le mois dernier par une cour de la Floride.
Pérou: Mais où donc est passé l’argent des privatisations imposées par Fujimori
Le pays se réveille, plus exsangue que jamais
Par Pierre Rottet, de l’APIC
Lima, 4 décembre 2000 (APIC) Mais où donc est passé l’argent des privatisations imposées au pays depuis 10 ans par le >, l’ex-président Alberto Fujimori, aujourd’hui > au Japon ? Celui qui passe aujourd’hui aux yeux des Péruviens pour être l’homme le plus > (lâche) de l’histoire du Pérou, a laissé un pays exsangue, vidé de ses institutions, vidé de toutes organisations syndicales. Vide de son argent. Vide enfin des promesses faites en matière de construction de logements pour les pauvres. Puisque la construction de ces derniers a chuté de manière vertigineuse, près de 400% par rapport à 1985.
Selon le ministère péruvien de l’Economie et des Finances, les revenus de la privatisation des sociétés d’Etat, dans ce qui passe pour le plus agressif programme de privatisation jamais vu en Amérique latine, s’élèvent depuis 1991 à 9,2 milliards de dollars. Jusqu’ici, le Trésor public n’en a encaissé que 6,9 milliards! Où est passé le reste, s’interroge aujourd’hui l’homme de la rue. Et surtout, se demande-t-il, qu’a-t-on fait de l’argent?
Tout en critiquant la privatisation à crédit de certaines entreprises, le ministre sortant Carlos Boloña avait peine à justifier les écarts. Ce qui ne l’a pas empêché de s’engager à plus de transparence dans la gestion des fonds publics… avant de démissionner.
Selon Dennis Falvy, journaliste économique du quotidien >, >. 547 millions de dollars seront versés au Trésor dans des termes passablement favorables pour les acheteurs.
C’est notamment le cas du groupe Rodriguez Banda qui a acquis en 1998 des actifs d’une valeur de 145,6 millions de dollars dans le secteur de l’énergie électrique et n’a déboursé jusqu’ici que 10% du montant de la transaction. Les paiements s’échelonnent sur 12 ans, y compris un terme de grâce de trois ans.
Un terrible passif
Le passif de l’activité du président destitué prend aujourd’hui largement le pas sur le reste. L’inflation a certes été en partie jugulée. On sait maintenant à quel prix et sur le dos de qui. Aux prises avec de sérieux problèmes économiques et une inflation exponentielle, le Pérou a négocié avec le Fonds Monétaire International (FMI) un programme d’ajustements structurels qui, dès 1991, a obligé le gouvernement à se défaire graduellement de ses actifs dans des secteurs stratégiques de son économie, à laminer la fonction publique et à sabrer son budget d’opérations, dont en particulier les services sociaux. Y compris le programme >. La dette publique extérieure a certes été ramenée de 25,7 milliards en 1995 à 19,1 milliards (septembre 2000). Mais au détriment du développement du pays. Malgré tout, 40% des revenus des exportations, en moyenne, ont été utilisés pour financer le service de la dette.
Les privatisations massives ont conduit le > à vendre le pays. Presque tout le pays. Grâce aussi à un système de corruption sans doute jamais égalé, dans lequel le > péruvien, le chef du renseignement et bras droit de Fujimori, Vladimiro Montesinos, a fait >. Chaque jour ou presque amène la découverte d’un nouveau compte à l’étranger, y compris en Suisse, où près de 70 millions de dollars ont été découverts, et bloqués: argent de la drogue, de pots de vin sur les commissions d’achats et de ventes d’armes, corruption… Personne ne se fait d’illusion au Pérou sur la destination de dizaines voire de centaines de millions prélevés par le système Fujimori, > de leurs destinations publiques vers des comptes bancaires à l’étranger.
Bombe à retardement
Exsangue? Le mot est décidément bien faible pour décrire la situation actuelle du Pérou. Le chômage et le sous-emploi ont atteint des sommets, avec près de 80% de personnes victimes de l’un et l’autre. Des milliers de petites et moyennes entreprises ont disparu, rayées de la carte, saignées à cause des mesures drastiques imposées tant par le FMI que par les mesures ultra-libérales appliquées en dix ans de >. Près de 14 millions de Péruviens peuvent être désormais classés sous la barre du seuil de pauvreté, dont la moitié sous celle de l’extrême pauvreté. Plus de 40% de la population vit sans aucune assistance médicale. Ceux qui touchent aujourd’hui une retraite, une infime minorité, ont vu leur pouvoir d’achat baisser de manière drastique. A peine si leur rente leur permet actuellement de payer le téléphone, l’eau et l’électricité, entreprises désormais privatisées. Les derniers partisans de Fujimori, qui a préféré s’adresser à eux du Japon pour annoncer sa démission, rétorquent qu’on ne pourra pas lui enlever l’acquis en matière de terrorisme. Reste à savoir si la politique sociale menée ces dix dernières années ne constituera pas à long terme une véritable bombe sociale à retardement. Avec une délinquances d’ores et déjà plus organisée et active que jamais.
Bref, les suspicions sont de mise au Pérou ces temps-ci. Depuis la fuite en avant du président Alberto Fujimori, l’incertitude demeure encore quant au sort de Vladimiro Montesinos, dont on dit qu’il tire toujours les ficelles du pouvoir depuis la clandestinité. Les enquêtes se multiplient et ne suffisent pas à démonter un réseau d’intérêts politiques et économiques à la fois.
La part du lion pour les militaires
La Commission parlementaire dirigé par David Vaisman l’apprend à ses dépens. Depuis le témoignage du dernier Premier ministre de Fujimori, Federico Salas, sur les intrigues de Montesinos, c’est un maillage de relations douteuses dont on n’imaginait pas l’ampleur qui retient l’attention publique. L’appareil gouvernemental est maintenant le point de mire de la société civile et du gouvernement de Valentin Paniagua. Les privatisations ont certes permis d’amortir en partie la dette extérieure. Mais les revenus ont aussi financé le budget gouvernemental. Selon la revue >, les militaires se sont arrogé le 20% du budget national en 2000, quelque 2 milliards de dollars, sans rendre de comptes à personne. Quant au service de renseignement de Montesinos, il gérait annuellement plus de 100 millions de dollars.
Le mythe des constructions à but social
Autre grand mythe du > aujourd’hui démonté, réduit à l’état de chimère: le plan de construction de > pour les familles pauvres. Seules 1’365 > ont été annuellement construites. On est loin de se que laissait supposer la propagande, qui parlait volontiers de > laissés en faveur des plus démunis. A titre comparatif, sous la présidence de Fernando Belaunde, le pays érigé en 5 ans 29’665 maisons et appartements, contre 23’724 durant l’époque du président Alan Garcia.
Selon l’architecte Sonia Reyes de Valdivia, Fujimori a satisfait à hauteur de 1,36% seulement les demandes en la matière.
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