Dulliken,
(APIC) Mgr Kurt Koch a reçu une abondante correspondance à la suite de la publication de la déclaration « Dominus Iesus », en septembre dernier. Trois mois plus tard, samedi 2 décembre, au centre franciscain de Dulliken (SO), l’évêque du diocèse de Bâle a répondu de vive voix à 80 auteurs de lettres et de messages.
« L’œcuménisme est une communauté dans la différence réconciliée » et si nous avons franchi une étape, nous n’avons pas encore atteint le but ultime, a déclaré Mgr Kurt Koch à ses correspondants à propos de « Dominus Iesus ». Pour lui, le document du Vatican rappelle les fondements de l’œcuménisme puisqu’il évoque en premier lieu la foi commune dans le Christ. Si le document reprend l’enseignement de Vatican II, c’est que le Concile remonte à 30 ans et qu’il était nécessaire d’en mettre à jour l’interprétation.
Mgr Koch pense qu’il faut connaître la genèse du document pour le comprendre. Il vise les théologiens du pluralisme religieux qui prétendent que Dieu est si infiniment grand qu’il s’est révélé à plusieurs époques, sous plusieurs formes, et que pour l’Occident, c’est Jésus-Christ qui l’incarne. Ce genre d’assertion met en cause la foi en Jésus-Christ.
Seule la quatrième partie du document a été discutée dans le public, celle qui concerne l’unicité salvatrice de l’Eglise. Ceux que cela troublent doivent se poser la question de leur position face au credo catholique et à la profession de foi apostolique, qui reconnaît « une Eglise, une, sainte, catholique et apostolique », précise l’évêque. En dépit de toutes ses divisions, il ne peut exister qu’une seule Eglise du Christ et la foi catholique dit qu’elle se réalise à travers l’Eglise catholique romaine mais qu’elle n’est pas encore complète.
Les Eglises réformées heurtées
Dire que les Eglises réformées ne sont pas des Eglises dans la pleine acception du terme peut heurter. Jusqu’au moment où l’on remarque que le document romain ne remet pas en cause la qualité d’Eglises des communautés protestantes mais veut souligner qu’elles ne sont pas des Eglises au sens catholique du terme. Selon le dernier concile, une Eglise se caractérise par la plénitude du mystère eucharistique et le fait que les évêques sont des successeurs directs de l’apôtre Pierre. Si le document parle bel et bien de réalisation de l’Eglise de Jésus-Christ dans l’Eglise catholique romaine, il omet de citer les éléments essentiels de l’Eglise qui sont réalisés dans celles de la Réforme.
« Dominus Iesus » ne met pas en question l’œcuménisme, estime l’évêque de Bâle, « mais nous devons continuer à travailler sur la compréhension divergente que nous avons de la notion d’Eglise ». On ne dialogue pas assez sur cette question centrale: qu’est-ce que l’Eglise. Le document de Mgr Ratzinger nous engage à poursuivre le travail de l’œcuménisme parce qu’il montre que nous n’avons pas encore accompli l’unité de l’Eglise.
Le pape lui même regrette que la formulation du texte soit source de malentendus, a encore dit Mgr Koch qui a admis durant la rencontre d’importants problèmes de communication. Le message qui a été reçu – « Seuls les catholiques iront au paradis » est contraire à celui que l’on comptait transmettre, a-t-il assuré. La Conférence des évêques suisses (CES) a pour sa part regretté que l’on n’ait pas non plus pensé que la formulation du texte devait se prêter à la traduction. (apic/oe/gs/mjp)
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