Lettonie: Conflit entre l’Etat et les Eglises
Riga, 6 décembre 2000 (APIC) L’archevêque Janis Vanags, responsable de l’Eglise évangélique luthérienne de Lettonie, accuse les politiciens du pays de trahir les «espoirs et sentiments» nés en 1991, lorsque la Lettonie est devenue indépendante de l’Union soviétique. Il a cependant démenti être en conflit avec la présidente du pays, Vaira Vike-Freiberga, malgré la démarche de protestation conduite avec d’autres ecclésiastiques en présence de celle-ci.
L’archevêque, âgé de 42 ans, a participé avec d’autres ecclésiastiques lettons – catholiques romains, orthodoxes et baptistes – au boycott partiel d’un service religieux célébré le 18 novembre pour marquer l’accession à l’indépendance dans la cathédrale luthérienne de Riga, en présence de la présidente et du Premier ministre. Les responsables d’Eglise étaient certes présents, mais ils avaient décidé de ne pas participer au service, laissant à des prêtres et des pasteurs le soin de prononcer la prédication et les prières.
Cette initiative avait été prise en vue d’attirer l’attention sur l’impuissance du gouvernement à prendre «des mesures satisfaisantes» face à une série de problèmes qui préoccupent les Eglises.
L’archevêque luthérien cité entre autres la corruption dans les milieux gouvernementaux; les abus commis contre des enfants qui, de l’avis de nombreux Lettons, ne sont pas punis assez vigoureusement par les autorités; le projet de libéralisation de l’avortement en Lettonie, le chiffre des interruptions de grossesses dépassant déjà celui des naissances; et un nouvel impôt sur les entreprises gérées par les Eglises qui menace, déplore l’archevêque, de «ruiner» des paroisses rurales.
Selon des sources religieuses, la présidente Vike-Freiberga, qui a «d’abord condamné» la protestation, a plus tard admis que les préoccupations de l’Eglise étaient «authentiques». Selon les mêmes sources, la loi imposant un nouvel impôt sur les entreprises gérées par les Eglises a été adoptée, mais avec des changements, ce qui indique que les protestations ont été entendues par les législateurs.
L’archevêque Vanags confie en outre avoir rencontré la présidente le 23 novembre et évoqué les préoccupations de l’Eglise au cours d’une "conversation très cordiale". "Elle a aussi exprimé son soutien aux efforts que nous faisons pour combattre les problèmes du pays, et je lui ai expliqué que nous n’avions jamais eu l’intention de nous opposer à elle >>.
Les luthériens de Lettonie représentent environ 55 % de la population (2,56 millions), les catholiques romains 24% et les membres de l’Eglise orthodoxe russe 9%. (apic/eni/pr)
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