Œcuménisme intra-catholique et avec les Eglises orthodoxes

Berne: Exposé de Barbara Hallensleben, professeur de théologie dogmatique à Fribourg

Berne, 8 novembre 2000 (APIC) Il faut développer les relations entre les Eglises locales au sein même de l’Eglise catholique. Invitée à Berne à l’occasion de la 250ème assemblée de la Conférence des évêques suisses (CES), la théologienne Barbara Hallensleben, professeur de théologie dogmatique à l’Université de Fribourg, a plaidé pour un œcuménisme intra-catholique et avec les Eglises orthodoxes.

Pour la spécialiste du dialogue avec l’orthodoxie, les possibilités œcuméniques contenues dans «Dominus Iesus» sont loin d’être épuisées. Elle a suggéré jeudi 7 décembre à Berne que la CES n’entretienne pas seulement des relations avec Rome, mais qu’elle développe un partenariat avec les Conférences épiscopales européennes et sur les autres continents. «Je crois que la déclaration romaine ’Dominus Iesus’, qui reconnaît les Eglises particulières, encourage aussi les relations avec les Eglises orthodoxes», a-t-elle déclaré.

Barbara Hallensleben imagine sans problème que la CES se rapproche de ses homologues de l’Eglise orthodoxe locale, par exemple les Eglises autocéphales de Russie, de Bulgarie, de Roumanie ou de Serbie, dans un partenariat entre Eglises sœurs. Au terme de «Dominus Iesus», cette communion d’Eglises ne peut cependant pas encore se faire avec les protestants», précise-t-elle.

L’époque du centralisme romain est révolue

La professeur considère que c’en est désormais fini du centralisme romain, car l’Eglise catholique, après le Concile Vatican II, ne se comprend plus comme une Eglise uniforme à côté des autres Eglises, mais comme un modèle de communion entre Eglises particulières ou locales, entre diocèses, entre conférences épiscopales ou conseils de conférences épiscopales comme le CCEE ou le CELAM.

«Rome doit trouver une autre manière d’exercer sa fonction de garant de l’unité. Une unité déjà donnée, et qui est le mystère de chaque Eglise locale ou particulière. L’évêque de Rome doit être compris et se comporter comme le signe sacramentel qui existe et agit dans l’histoire. Pour garder l’unité, le pape se conforme à ce que veut faire le pasteur de l’Eglise, Jésus-Christ. C’est tout le contraire du centralisme». Barbara Hallensleben voit cependant un risque dans cette nouvelle perception de l’Eglise, celui de perdre le sens de l’unité, de la solidarité et de la responsabilité dans la recherche d’une communion plus grande avec le monde. (apic/be/mjp)

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