« Permettre la mort » ne signifie pas « procurer la mort »
Rome, 12 décembre 2000 (APIC) Il ne faut pas confondre euthanasie et refus de l’archarnement thérapeuthique. C’est ce qu’explique un communiqué de l’Académie pontificale pour la Vie, publié le 12 décembre dans « L’Osservatore Romano » sous le titre: « le respect de la dignité du mourant ». Pour l’Académie, accepter l’accomplissement naturel de la mort ne signifie pas « procurer la mort ».
Signé par le professeur Juan de Dios Vial Correa et par Mgr Elio Sgreccia, président et vice-président de l’Académie, ce communiqué fait spécialement allusion à l’approbation par le parlement hollandais, le 28 novembre dernier, de la loi autorisant l’euthanasie et rappelle que cette mesure est « moralement inacceptable ».
L’Académie pontificale pour la Vie souligne en revanche qu’ »il est licite en conscience de prendre la décision de renoncer à des traitements qui procureraient seulement un prolongement précaire et douloureux de la vie ». « Il y a une grande différence entre ’procurer la mort’ et ’permettre la mort’ », affirme-t-elle en effet. « La première attitude refuse et nie la vie, tandis que la deuxième en accepte l’accomplissement naturel ».
Le communiqué met donc en garde contre tout « acharnement thérapeutique », et affirme qu’il n’est pas « moralement obligatoire » d’entreprendre des « thérapies extraordinaires ou risquées » sur les malades. Il encourage en revanche à leur assurer les « soins ordinaires », qui peuvent aller jusqu’à une nourriture et une hydratation artificielles, et les « soins palliatifs » permettant d’atténuer leurs souffrances.
Assistance humaine et spirituelle
L’Académie pontificale pour la Vie fait remarquer par ailleurs que ces soins palliatifs étant aujourd’hui de plus en plus développés, « le caractère insupportable et inutile de la souffrance » invoqué en faveur de l’euthanasie est de moins en moins justifié. Les « éventuelles demandes de mort » de la part des patients expriment presque toujours en réalité une demande de plus d’attention à leur égard, affirme-t-elle. Le « véritable humanisme » consiste alors savoir répondre à cette demande grâce à une « assistance humaine et spirituelle » dans un climat de « soutien psychologique et affectif ».
L’Académie encourage par exemple l’accompagnement des malades à leur domicile, et présente par ailleurs « l’assistance religieuse » comme un « droit » et une « aide précieuse » pour chacun d’entre eux. Elle estime que vouloir « légitimer la suppression de l’individu » par l’euthanasie traduit avant tout une « incapacité » de ceux qui entourent les malades à les accompagner dans leur souffrance, et peut cacher par ailleurs des réticences face aux dépenses publiques que leurs soins réclament. L’euthanasie est donc l’expression d’une « défaite » de ceux qui la prônent, la décident et la pratiquent, affirme-t-elle.
Le 30 novembre dernier, « L’Osservatore Romano » avait déjà publié une réaction face à l’approbation de l’euthanasie par le parlement hollandais, sous la plume du Père Gino Concetti, théologien moral du quotidien du Vatican. Celui avait alors décrit la légalisation de l’euthanasie comme une « prétention juridique monstrueuse », un « crime contre la vie de la personne humaine » et une « abdication de la médecine ». (apic/imed/bb)
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