Pologne: Mgr Glemp ordonne la suspension d’un projet de construction d’une basilique
Varsovie, 12 décembre 2000 (APIC) Le cardinal Jozef Glemp, archevêque de Varsovie et primat de Pologne, vient de suspendre le projet de construction d’une basilique de 45 millions de dollars destiné à célébrer le retour à l’indépendance de la Pologne. Le porte-parole du cardinal Jozef Glemp a en effet annoncé que les coûts de construction et d’entretien de la basilique avaient été jugés « inappropriés pour un lieu de culte » tout en précisant que le projet pourrait peut encore être réalisé après modifications.
Durant son pèlerinage en Pologne l’an passé, le pape Jean Paul II a béni la pierre de fondation de ce complexe de 27’000 mètres carrés, qui aurait du être posée en mai 2001. Le cardinal Glemp a indiqué dans un communiqué qu’il mettait en suspens les plans de l’Eglise de la Divine Providence à Wilanow , une banlieue de Varsovie, sur le conseil d’une commission. « Pour le moment, nous ne savons pas ce qu’il adviendra de ce projet. Même si l’idée était intéressante, les coûts de sa réalisation dépassent nos moyens financiers. »
L’architecte de ce projet, Marek Budzynski, a demandé au cardinal Glemp de reconsidérer sa décision. « Les objections de la commission sont en contradiction avec la réalité des faits », a-t-il dit au journal polonais Gazeta Wyborcza. « Les coûts sont en réalité incroyablement bas, et l’entretien et la protection du bâtiment peuvent être effectués par des bénévoles. Mais dès le début, la commission était mal disposée à mon égard et je ne suis donc pas surpris de cette décision. »
Un projet vieux de plus de 200 ans
Le projet d’une église de la Divine Providence à Varsovie remonte au 18e siècle, lorsque le roi Stanislas II, dernier roi de Pologne, en a ordonné la construction pour célébrer la constitution, première charte démocratique d’Europe. Toutefois le partage du pays entre la Russie, la Prusse et l’Autriche a interrompu le projet. Dans les années 1930, une autre mise en chantier, financée par le gouvernement, a pris fin après l’éclatement de la deuxième guerre mondiale.
En octobre 1998, le Parlement polonais a approuvé un nouveau projet de construction afin de tenir « les promesses faites 200 ans auparavant. » Le parlement a ajouté que l’édifice symboliserait aussi « un vote de remerciements » pour le retour du pays à l’indépendance après le communisme. Un concours a eu lieu pour trouver le meilleur projet. Une centaine de dessins ont été soumis et ce fut un plan comprenant un lac et une colline artificielle, surmontée d’une verrière de 50 mètres symbolisant le Saint-Esprit, qui a été choisi par le cardinal Glemp en mai dernier.
Le père Jan Bodzon, vice-président de la commission ayant recommandé la suspension du projet, a fait remarquer au correspondant de l’agence ENI qu’en faisant son choix, le cardinal Glemp n’avait pas tenu compte des « facteurs techniques et économiques ». « Il est évident que ce projet doit être repensé entièrement ou alors remplacé par un autre, a-t-il dit. Les églises ne sont pas comme des bâtiments commerciaux, qui peuvent être amortis et donc rénovés souvent. Elles doivent durer des siècles, et non seulement 40/50 ans. » (apic/eni/bb)
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