France: La FPF demande au gouvernement français de reconnaître la torture en Algérie
Paris, 13 décembre 2000 (APIC) Le Conseil de la Fédération protestante de France (FPF), réuni à Paris le 9 décembre 2000, a exprimé son soutien à une lettre ouverte de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), au président de la République et au premier ministre. Dans un communiqué diffusé le 13 décembre, la FPF exprime à son tour sa condamnation des actes de torture et des assassinats perpétrés par la France durant la guerre d’Algérie et dénonce les propos «inacceptables» de certains généraux affirmant que la torture est un mal nécessaire en temps de guerre.
Lors de sa rencontre du 9 décembre, le Conseil de la Fédération protestante de France a manifesté son soutien à la lettre envoyée le 29 novembre par l’ACAT au président Chirac et au premier ministre Jospin. L’organe de défense des droits de l’homme demandait de reconnaître et de condamner de façon officielle la torture et les assassinats commis pendant la guerre d’Algérie, et de condamner la torture en tous lieux. Il a également dénoncé les récents propos inacceptables de généraux français lorsqu’ils affirmant que la torture est un mal nécessaire en temps de guerre.
«Pendant la guerre d’Algérie, et en particulier pendant la bataille d’Alger, l’armée de la République française a torturé et assassiné. Avec le consentement des responsables politiques et sans opposition des magistrats», souligne la lettre de l’ACAT au président Jacques Chirac, tout en rappelant les récents aveux des généraux Massu et Aussaresses, qui ne laissent plus de doute sur les tortures et les mises à mort perpétrées par l’armée française. «Censées lutter contre le terrorisme ou répondre aux exactions, ces méthodes inhumaines ont fait basculer les indécis et ont gravement nui à l’image de la France. Elles s’inscrivaient en outre dans la continuité de pratiques anciennes destinées à maintenir le système colonial», a affirmé l’ACAT.
Eviter la banalisation de la torture
L’organisme humanitaire craint le risque de banalisation de la torture, si celle-ci se généralise. «Reconnaître officiellement les faits et la responsabilité de la France est un préalable indispensable pour favoriser la réconciliation et pour nous donner le droit moral de condamner son usage dans les nombreux pays où elle reste couramment utilisée à l’encontre de prisonniers politiques ou de droit commun», souligne la lettre adressée au président de la République.
L’ACAT et la FPF demandent donc au président Chirac et au premier-ministre Lionel Jospin de reconnaître les actes de torture et d’assassinat perpétrés durant la guerre d’Algérie et de condamner la torture «en tous lieux et quels qu’en soient les motifs». Elles demandent également d’améliorer la formation dispensée en matière de respect de la dignité humaine aux militaires et aux policiers, et de faciliter le travail de mémoire en permettant aux historiens d’avoir accès aux archives de la période de la guerre d’Algérie. (apic/com/bb)
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