Indifférence et méfiance: la maffia reste très active
Macao, 21 décembre 2000 (APIC) Le 20 décembre 1999, Macao, première colonie européenne sur les côtes chinoises, retournait à la Chine après plus de 440 ans. Un an après le «passage» (»handover») de l’ancienne colonie portugaise, ce sont l’indifférence et la méfiance qui dominent, selon une source catholique locale.
L’écusson de la ville a été changé: deux ailes de colombes au lieu d’anges. Mais les maffias des casinos continuent à régner en toute tranquillité. Le gouvernement annonce des succès dans le domaine de la sécurité, mais les chômeurs organisent des manifestations de protestation. Pékin loue l’efficacité de l’administration du modéré Edmund Ho. Mais chez les gens dominent l’indifférence et la méfiance à l’égard du gouvernement. L’Eglise catholique jouit de la liberté religieuse, mais on n’encourage pas assez les laïcs à s’engager dans le domaine social et politique. Tels sont les points marquants d’un rapport envoyé par cette source catholique à l’agence missionnaire Fides (Vatican).
Le premier anniversaire a été célébré par une visite du président Jiang Zemin, arrivé dans la ville le 20 décembre. Macao était sous haute surveillance (5’000 policiers). Pour garantir la sécurité du président, le gouvernement avait décrété le blocus de la circulation, interdit les manifestations (dont celles du Mouvement «Falun Gong»), arrêté l’activité de plusieurs hôtels et mis un peu partout des postes de contrôle. Les rapports entre Macao et Pékin semblent bien se dérouler: à la veille du voyage de Jiang Zemin, le Premier chinois, Zhu Rongji, a répété son soutien total à l’administration de Edmund Ho et exprimé sa satisfaction pour les progrès réalisés dans le domaine de la sécurité publique et dans le domaine économique.
C’est pourtant dans le domaine économique que le gouvernement de Macao a rencontré en 1999 le plus de difficultés. «Les manifestations violentes de protestation qui ont eu lieu cette année, de la part d’employés, d’ouvriers, de chômeurs, contre le gouvernement ne s’étaient pas vues depuis les années de la Révolution culturelle, déclare le rapport. Le gouvernement a cherché à calmer les esprits en promettant des aides aux chômeurs et de nouveaux emplois. Les conséquences de cette situation se font sentir sur les travailleurs étrangers, philippins surtout, contraints de quitter le pays à l’échéance de leur contrat… Avec ses hauts et ses bas, l’année qui s’achève semble être une année de transition pour la population de Macao… Il y a encore beaucoup à faire dans la coopération régionale, dans le développement de l’industrie et dans le progrès social. Les gens, peu intéressés déjà par la politique au temps du gouvernement portugais, continuent à s’occuper de leurs propres affaires et n’ont pas confiance dans le gouvernement central».
Dans la ville, note le rapport, les maffias continuent à régner en toute tranquillité. Le tourisme et le jeu sont le salut de l’économie (plus de 40 % du PIL proviennent des taxes des casinos). Les maffias se sont assurées la gestion des trafics louches de connivence avec les gens du «milieu» du continent, et ils n’ont aucun intérêt à mettre en danger la vie du président chinois.
Statu quo pour l’Eglise catholique
Pour ce premier anniversaire, Mgr Domingos Lam Ka Tseung, évêque de Macao, a présidé une cérémonie d’action de grâce le 19 décembre en fin d’après-midi, La cérémonie a duré vingt minutes et s’est terminée par le chant du >. Elle avait été annoncée par le bulletin officiel du diocèse le 17 décembre et une centaine de fidèles seulement y ont participé. Sur la situation de l’Eglise Catholique, le rapport relève que la liberté religieuse est restée inchangée. La liturgie et les manifestations extérieures (processions, etc.) ont été autorisées, comme cela se passait sous le gouverneur précédent. Des missionnaires ont toutefois l’impression que la célébration des > a été faite avec discrétion pour donner satisfaction aux autorités de Pékin. "L’Eglise a une grande force morale; elle est une autorité dans le domaine de l’éducation, de l’action sociale et caritative; mais on n’encourage pas assez les laïcs à s’engager dans le domaine social et politique >>, peut-on lire dans ce rapport.
Macao compte 460’000 habitants, dont 30’000 catholiques (6,5%, soit le pourcentage le plus élevé de catholiques en Chine). Le message envoyé par Jean Paul II à Mgr Lam Ka Tseung à l’’occasion du premier anniversaire invite le diocèse à renforcer sa vocation missionnaire et à devenir un point de référence pour les catholiques, à l’intérieur des frontières et en dehors des frontières. (apic/cip/fs/pr)
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