Moscou: La visite du pape en Ukraine décisive pour les relations avec les orthodoxes russes
Fribourg/Moscou, 22 décembre 2000 (APIC) La visite du pape en Ukraine en juin prochain sera décisive pour les relations avec les orthodoxes russes, estime l’archevêque catholique Tadeusz Kondrusiewicz, administrateur apostolique à Moscou. L’Ukraine compte, toutes juridictions confondues, près de 13’000 paroisses orthodoxes, contre environ 9’000 en Russie.
Invité par la Mission catholique polonaise en Suisse pour une série de conférences de l’Avent à travers la Suisse romande, Mgr Kondrusiewicz a confié à l’APIC son espoir que la visite historique de Jean Paul II permette une percée œcuménique et contribue à résoudre de nombreux problèmes et à dépasser beaucoup de préjugés. Le contentieux entre l’Eglise orthodoxe russe, dont une bonne partie de la substance est en Ukraine, et l’Eglise catholique est lourd.
Des accusations sans fondement
Le Patriarcat de Moscou accuse les catholiques de prosélytisme sur le soi-disant «territoire canonique» de l’Eglise orthodoxe russe et n’y tolère pas l’existence de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne, une Eglise catholique de rite byzantin unie à Rome (uniate). «C’est le principal obstacle sur le chemin du pape vers Moscou», souligne l’archevêque Tadeusz Kondrusiewicz. Le patriarche Alexis II accuse les gréco-catholiques de persécuter les croyants orthodoxes, alors qu’ils ne font que réclamer leurs droits après avoir été intégrés de force à l’orthodoxie sur ordre de Staline en 1946. «De telles accusations sans fondement nous attristent profondément», lâche Mgr Kondrusiewicz.
Une rencontre avec le patriarche de Moscou, dont rêve Jean Paul II, est toujours sur l’agenda papal. «Nous l’avons invité, nous l’attendons; le président Poutine a répété que l’invitation adressée à l’époque par Mikhaïl Gorbatchev et Eltsine est toujours valide; le Saint-Père ne peut cependant pas se rendre en visite pastorale en Russie sans l’accord de la principale communauté religieuse du pays, l’Eglise orthodoxe russe». Pour l’instant, regrette l’administrateur apostolique de la Russie européenne septentrionale, le patriarcat fait état des mêmes problèmes et répète les mêmes reproches à l’adresse de l’Eglise catholique que ceux lancés dès 1991. (apic/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse