Hong Kong,1er novembre 2000 (APIC) Plus de 1’000 catholiques de Hong Kong ont célébré le 29 octobre à Hong Kong la canonisation de 120 martyrs chinois et étrangers. Les autorités chinoises avaient pourtant demandé au diocèse catholique de Hong Kong de célébrer discrètement ces canonisations controversées.
La question a soulevé un vif débat sur la liberté religieuse à Hong Kong, où un certain nombre de citoyens suivent avec grande attention toute ingérence des autorités de Pékin dans les droits des sept millions d’habitants.
La messe du 29 octobre a été célébrée par le cardinal John Baptist Wu Cheng-chung, évêque de Hong Kong, accompagné de 120 prêtres, dans la cathédrale de l’Immaculée Conception. Cet événement a été très largement couvert par la presse locale.
Les 120 martyrs catholiques de Chine – 87 catholiques chinois et 33 missionnaires étrangers – ont été canonisés par le pape Jean Paul II lors d’une cérémonie célébrée au Vatican le 1er octobre. Cet événement a déclenché, avant et après, une violente polémique et les critiques de Pékin, en particulier parce que le 1er octobre est la fête nationale chinoise, jour commémoratif de la révolution.
Les autorités de Pékin ont en effet déclaré que nombreux missionnaires étrangers canonisés le 1er octobre participaient à l’invasion impérialiste occidentale de la Chine, et que certains étaient coupables, ou complices, de viols, pillages et autres crimes contre le peuple chinois. Les citoyens chinois qui ont été canonisés étaient des traîtres à la Chine, a dénoncé Pékin.
Considérations historiques
Le Vatican et l’Eglise catholique de Hong Kong ont a plusieurs reprises rejeté ces accusations.
L’évêque auxiliaire de Hong Kong, Mgr John Tong Hon, a souligné, avant la masse du 29 octobre, que la cérémonie était célébrée conformément à la pratique du diocèse et que la Loi fondamentale, qui régit la région sous administration spéciale depuis la rétrocession à la Chine en 1997, garantit la liberté religieuse à Hong Kong. La décision du diocèse catholique de célébrer une messe d’action de grâce pour les saints chinois est révélateur de l’esprit « un pays, deux systèmes », qui assure l’autonomie de la région.
S’exprimant également le 29 octobre, le directeur adjoint du Bureau de liaison chinois, Zhen Guoxiong, n’a fait aucun commentaire sur la messe, mais précisé que la canonisation de 120 martyrs n’était pas seulement une question religieuse, mais qu’elle était surtout liée à des considérations historiques. (apic/eni/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse